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Une année riche de défis

Une année riche de défis

Christine Grou, psychologue | Présidente de l'Ordre des psychologues du Québec 

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sept. 2016

Au moment de mon élection en mai 2015, j’ai vite compris que l’année qui m’attendait serait riche de défis. Le système professionnel est un univers complexe, dont le fonctionnement et les rouages sont méconnus tant des membres que du public et dans lequel on ne peut naviguer uniquement à vue. Il m’aura fallu plusieurs mois pour me familiariser avec les fonctions statutaires d’un ordre et en saisir toutes les fonctions, règlements et obligations. J’avais également souligné l’importance d’une période d’observation et de consultation qui permettent de prendre des orientations éclairées et conformes à la mission de protection du public. Toutefois, je demeure soucieuse de la proximité de l’Ordre avec ses membres et, comme il est utile pour les professionnels de connaître les actions concrètes que mène leur ordre professionnel au regard de sa mission, je tiens à dresser ici le bilan de cette première année de mandat.

Depuis l’entrée en vigueur du projet de loi no 21, l’Ordre détient le pouvoir exclusif de poursuivre devant les tribunaux toute personne pour pratique illégale de la psychothérapie ou d’une autre des activités réservées aux psychologues. Ce secteur de l’Ordre a été particulièrement occupé en 2015-2016 avec des centaines de signalements reçus, traités, réglés. Bien que l’Ordre privilégie une approche d’éducation, de sensibilisation et d’information et toute approche de non-judiciarisation lorsque les personnes impliquées s’engagent à changer leurs pratiques et lorsque l’on considère que cela ne constitue pas un risque pour la protection du public, nous avons dû engager une douzaine de poursuites devant la cour pour pratique illégale de la psychothérapie, usurpation de titre et pratique illégale d’autres activités réservées.

C’est également dans ce contexte d’activités réservées que les travaux interordres se sont poursuivis toute l’année, une collaboration interprofessionnelle exigeante, mais extrêmement fructueuse, qui permet de baliser, dans la pratique, l’exercice des activités réservées à chacun et notamment d’en arriver à une compréhension commune de la définition de la psychothérapie.

J’en profite pour souligner l’apport considérable de tous les psychologues consultés qui ont permis d’enrichir substantiellement nos réflexions et qui ont contribué à l’avancement de ce dossier. Cette coopération est tout aussi présente entre les présidents des ordres de la santé mentale et des relations humaines, puisque nous nous réunissons régulièrement pour réfléchir et discuter de dossiers communs.

Je suis particulièrement préoccupée par l’accessibilité des services psychologiques dans le réseau de la santé et de l’éducation, une question étroitement liée au volet protection du public de la mission de l’Ordre. C’est toujours dans cet esprit et avec la plus grande rigueur possible que nous préparons les avis et mémoires que nous sommes régulièrement invités à produire. Je remercie tous nos collègues qui oeuvrent dans différents milieux et qui nous ont fait profiter de leur expertise.

Parmi les avis et mémoires produits en cours d’année, je vous fais part de quelques-uns qui me semblent d’intérêt général. Nous avons produit, en réponse à la consultation menée par le Commissaire à la santé et au bien-être au sujet du panier de services assurés en santé et services sociaux, un avis sur les rôles et mandats des psychologues et sur l’espace professionnel qui leur est imparti. Nous avons également contribué de manière importante au mémoire présenté par le Collectif pour l’accès à la psychothérapie, pour l’équité d’accès aux traitements psychothérapeutiques. Nous avons écrit un document-cadre sur les rôles et mandats des psychologues en CHSLD. Nous avons produit un mémoire à l’intention du groupe de travail du Collège des médecins sur la place des psychologues dans l’évaluation et le traitement des problèmes de santé mentale auprès des médecins de famille. Nous avons rédigé un document sur la frontière entre l’examen perceptivo- visuel et moteur effectué en optométrie fonctionnelle et l’évaluation neuropsychologique. Finalement, nous avons tenu des discussions avec des représentants du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur en vue d’une mise à jour des critères servant à l’allocation de services aux élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage. Dans chacun des documents produits ou encore dans ceux qui ont fait l’objet de la consultation, nous avons réitéré la position de l’Ordre sur l’importance du jugement clinique dans le choix du traitement, de l’approche à privilégier, ses modalités et sa durée, selon l’analyse et la compréhension des problématiques auxquelles les cliniciens sont confrontés.

Sur le plan des communications, l’amélioration de l’efficience du service de référence, la refonte complète du site Web de l’Ordre et la préparation du congrès de 2016 ont notamment été priorisées. Les 24 interventions médiatiques que j’ai effectuées en cours d’année m’ont permis de faire part de la position de l’Ordre sur des sujets d’intérêt public, notamment sur le rapport de l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) sur l’accès à la psychothérapie et sur le plan d’action en santé mentale du gouvernement, mais également sur des préoccupations sociales comme la prévention du suicide ou l’anxiété chez les jeunes.

Les enjeux auxquels l’Ordre a été confronté ont été nombreux, tant dans ses fonctions statutaires que dans celles, non statutaires et moins tangibles, mais combien essentielles, comme les relations avec les universités et celles avec les membres ou avec les autres ordres professionnels. Ces relations prennent différentes formes, mais contribuent toutes à remplir la mission de l’Ordre. Il m’est bien difficile de faire état de l’ensemble des travaux qui ont mobilisé l’Ordre en cours d’année. Voici toutefois quelques faits saillants :

  • 518 000 utilisateurs ont consulté le site Web en cours d’année.
  • 144 000 utilisateurs ont consulté le service de référence.
  • 251 nouveaux permis de psychologues ont été délivrés.
  • 401 inspections professionnelles ont été réalisées.
  • 574 nouvelles activités ont été offertes au catalogue de formation continue.
  • 315 signalements ont été reçus pour usurpation de titre ou exercice illégal.
  • 12 consultations et représentations ont eu lieu auprès d’instances diverses pour souligner les habilitations, rôles et mandats des psychologues.

En terminant, je salue la collaboration des administrateurs, du personnel, des membres des différents comités. Je tiens à remercier tous nos membres qui ont pris part aux consultations engagées par l’Ordre et qui ont enrichi nos mémoires et avis par le fruit de leur expertise. Ce sont toutes ces personnes qui, par leur engagement et leurs compétences, ont permis à l’Ordre de relever les défis de la dernière année. Il faut beaucoup d’expertise, de travail, de rigueur et de dévouement pour y arriver.

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