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Psychologie Québec - Mars 2018
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Psychologie Québec - Mars 2018 (Version 1.0)

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Rapport annuel 2016-2017
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Psychologie Québec - janvier-2007
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Psychologie Québec - juillet 2007
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Psychologie Québec - mai 2009
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Psychologie Québec - septembre 2006
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Remise des prix de l’Ordre : l’excellence soulignée avec rires et émotions

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mars 2017

À la cérémonie de remise des prix de l’Ordre, l’animateur Emmanuel Bilodeau a ouvert le bal en invitant la présidente, la Dre Christine Grou, à monter sur scène avec lui. Faussement candide, le comédien a questionné la Dre Grou sur ses occupations, son emploi du temps et ses séries télé préférées. « Est-ce que vous analysez les personnages?»

Tout au long de la présentation des prix, le Cyrano québécois glissait observations et jeux de mots. Désopilant, il parlait vite et bien, ajoutait une blague à propos de celui-ci ou celle-là, mais sans jamais voler la vedette aux lauréats, leur rendant hommage le plus souvent de manière très sentie. Après la remise des prix, M. Bilodeau est revenu sur scène avec un spectacle inspiré de son One Manu Show. Poète du quotidien, volubile et content de l’être, l’humoriste a détaillé ses névroses, parlé de ses enfants et de ses insomnies — celles-ci étant causées directement par ceux-là. La salle a croulé de rire. Ah si tous les clients étaient comme lui!

Les lauréats 

 

 

De gauche à droite : le professeur Égide Royer, Marie-Josée Lemieux, Rose-Marie Charest, la Dre Christine Grou, présidente de l’Ordre, le Dr Gilles Julien et le maître de cérémonie, Emmanuel Bilodeau.

 

 

Pour son apport soutenu aux activités de l’Ordre, pour sa contribution exceptionnelle dans le dossier de la formation des psychologues ainsi que pour son engagement dans les travaux menant à l’adoption de la loi 21, Mme Marie-Josée Lemieux a reçu le prix Mérite du Conseil interprofessionnel du Québec (CIQ). 

Membre du conseil d’administration de l’Ordre des psychologues de 2004 à 2011, Mme Lemieux est chef de programme en santé mentale jeunesse au Centre Pierre-Boucher, en Montérégie. En recevant son prix des mains de M. Jean-François Thuot, directeur général du CIQ, Mme Lemieux s’est déclarée « très émue, très touchée » par cette marque de reconnaissance. 

« Ce prix, je le partage avec des gens sensationnels, avec mes collaborateurs, avec ma famille. Je suis consciente qu’il récompense un travail effectué dans le temps… J’aimerais également souligner à quel point il est important de s’engager. Depuis six ans, j’occupe un poste de gestionnaire dans le réseau de la santé et je vous assure que dans l’état actuel du réseau cela constitue tout un engagement. En 2017, le psy doit encore revendiquer sa place. Je souhaiterais donc lancer ce cri du cœur pour le maintien de notre réseau de la santé. Merci pour ce prix qui me conforte dans mes objectifs et me donne le courage de continuer. »

Tous les deux ans, le Prix de la santé et du bien-être psychologique est donné à une personne ou à une organisation en reconnaissance de sa contribution importante à la sensibilisation des Québécois à la santé mentale. 

Cette année, l’Ordre a voulu rendre hommage au Dr Gilles Julien, pédiatre, pour son travail remarquable auprès de milliers de jeunes Montréalais de milieux défavorisés. Avec la création de la Fondation du Dr Julien en 2005, le Dr Julien a mis sur pied une entreprise sociale unique au Québec, dont la mission est de permettre aux enfants issus de milieux vulnérables de réaliser leur plein potentiel. Reconnu tant sur le plan national qu’international, le Dr Julien a acquis une expertise de haut calibre en ce qui concerne l’enfance souffrant de négligence ou de maltraitance ainsi que sur le plan des impacts liés aux iniquités sociales sur la santé des enfants. La Fondation du Dr Julien compte aider 20 000 enfants d’ici 2021.

Avec sa modestie coutumière, le Dr Julien a manifesté sa surprise de recevoir de ce prix. Soulignant qu’il avait déjà souffert de détresse psychologique, l’apôtre visionnaire a tenu à rendre hommage à sa femme, Hélène Sioui Trudel, avocate, qui collabore à la Fondation du Dr Julien depuis 2006.

Dans son discours d’acceptation, le Dr Julien a invité les membres de l’Ordre à se joindre à son organisation. « Venez travailler avec moi, a-t-il lancé aux congressistes. À la Fondation, nous sommes une organisation multidisciplinaire. Nous travaillons beaucoup à la notion de bien-être, en communauté avec les enfants. Nous agissons dans les domaines de la prévention du suicide et du décrochage. Et nous pensons que les neuropsychologues devraient venir nous aider. »

Le Dr Julien a également rappelé à quel point le travail avec les jeunes en est un de longue haleine. « Pour la première fois cette année, quatre de nos enfants de Hochelaga-Maisonneuve ont réussi l’examen d’entrée au Collège de Montréal. C’est très encourageant. »

Remis à un membre de l’Ordre pour une ou des réalisations remarquables, le Prix professionnel 2016 a été attribué au Dr Égide Royer, psychologue, expert reconnu dans le domaine de la persévérance scolaire, chercheur et professeur au Département des sciences de l’éducation de l’Université Laval. 

Dans sa présentation, la Dre Christine Grou a souligné à quel point M. Royer est une figure respectée du monde de l’éducation, une référence dont l’influence sur la profession et sur la société est, heureusement, immense.

Le Dr Royer, en acceptant son prix, a parlé de la fierté qu’il éprouve à exercer son métier. Il a cité l’Américano-Israélien Daniel Kahneman, psychologue et prix Nobel d’économie 2002, selon lequel nos réussites dépendent autant de nos talents que de notre persévérance ou de la chance.

« J’ai eu beaucoup de chance, a-t-il enchaîné avec un sourire. Il en faut lorsque, parent d’un fils de 7 ans et de triplés de 4 ans, vous annoncez à votre conjointe que vous entendez retourner aux études pour obtenir un doctorat et qu’elle accueille la nouvelle avec calme et sérénité. Croyez-moi, j’ai eu de la chance. »

Sur une note plus sérieuse, le Dr Royer a incité les psychologues à poursuivre leur travail dans le milieu scolaire et à s’impliquer dans le réseau. « C’est par l’éducation que l’on combat la pauvreté. » 

Dernier prix et non le moindre, le prix Noël-Mailloux a été décerné à Mme Rose-Marie Charest, psychologue et présidente de l’Ordre de 1998 à 2015, pour sa contribution extraordinaire au développement de la psychologie. 

Personnalité ayant marqué l’histoire du Québec, Mme Charest sera toujours associée à l’encadrement de la psychothérapie chez nous. Dès son arrivée à la tête de l’Ordre, elle s’était juré de faire en sorte que la profession soit pratiquée uniquement par des professionnels et que les charlatans en soient exclus. Pendant 15 ans, elle a lutté bec et ongles pour faire adopter une loi modifiant le Code des professions. Communicatrice hors pair, Mme Charest a également contribué à démystifier la psychologie auprès de la population en amenant la psychologie sur la place publique. 

Chaudement applaudie au moment de son entrée en scène, Mme Charest a rappelé son enfance en Gaspésie, au sein d’une famille de huit enfants, « dans un village où aucune femme n’était encore allée à l’université ». 

S’adressant directement aux congressistes, elle a voulu remercier l’Ordre d’être ce qu’il est. « Merci à tous les psys qui font qu’on est une famille », a-t-elle lancé sous les vivats.

Mme Charest a également évoqué ce jour où, au cours d’un voyage familial à Montréal, son père a fait un détour par le boulevard Édouard-Montpetit pour montrer l’université à ses enfants. « Ça, c’est l’Université de Montréal, a-t-il dit, et c’est pour vous aussi. »

Étudiante dans la même institution quelques années plus tard, elle assiste au cours du père Mailloux, fondateur du Département de psychologie de l’Université de Montréal. Recevoir un prix portant son nom plusieurs décennies après l’honore et la ravit. « Il nous a transmis la passion. »

Dans une vidéo hommage diffusée avant la remise du prix, le professeur et ancien président de l’Ordre Luc Granger a salué la clinicienne rigoureuse, « psychologue jusqu’au bout des ongles ». Dans le même document, le journaliste René Homier-Roy soulignait à quel point Mme Charest sait écouter. « C’est ce qui la distingue. Elle a une présence extraordinaire », a résumé l’animateur vedette.

Aux côtés de M. Homier-Roy durant neuf ans dans le cadre de l’émission C’est bien meilleur le matin sur les ondes de la Première Chaîne de Radio-Canada, Mme Charest a livré des chroniques radiophoniques hebdomadaires pour le plus grand plaisir des auditeurs. 

Quand on évoque le ton posé de sa voix pour expliquer son succès auprès des médias, Mme Charest nuance. « Ma voix d’accord, mais je pense que c’est surtout ma “voie” qui explique que la mayonnaise a pris. J’aime rejoindre les gens, j’aime aider le monde dans la mesure où je peux le faire avec les moyens dont je dispose. Et puis j’ai toujours évité la victimisation. Les gens doivent aussi s’examiner de l’intérieur. En cela, j’ose aborder des choses qui ne sont pas admises. »

En recevant ce prix, Rose-Marie Charest a rappelé à quel point il est important pour un psychologue de prendre la parole et de s’impliquer. Car au Québec, les services en santé mentale se déclinent à deux vitesses. « On a le devoir de sensibiliser les politiciens à cette réalité », a-t-elle scandé.

« La psy qui parle au monde » : de tous les titres dont on l’a gratifiée au cours des ans, c’est celui qu’elle préfère. Son secret? Elle cite une phrase tirée d’une lecture effectuée y a plus de 40 ans (il s’agit de l’Émile de Jean-Jacques Rousseau) : « Je ne suis pas là pour briller, mais pour éclairer. »

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Psychologue sans rendez-vous - Perspective de psychologue
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Psychologue sans rendez-vous - Dre Christiane Poulin - Perspective de psychologue (Version 1.0)

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Psychologue sans rendez-vous - Christiane Poulin - Perspective de psychologue (Version 1.0)

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Introduction - Réalités des Premières Nations

EXPERTE INVITÉE
Danielle Descent | Psychologue 

La psychologue Danielle Descent habite la communauté de Uashat mak Mani-Utenam depuis 1976. Cette immersion dans la culture innue lui permet de mieux saisir les réalités vécues par les Premières Nations et d'adapter sa pratique à leurs besoins en matière de mieux-être mental. Membre de l'Ordre national du Québec, son apport et son engagement auprès de ces populations ont été à maintes reprises salués tout au long de sa carrière.

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mars 2018

Au cours de ma carrière, j’ai eu la chance et le privilège de rencontrer des collègues qui, comme moi, travail­laient au sein de communautés autochtones. Ils parlaient et décrivaient leur profession avec conviction, mais aussi avec un attachement tout particulier, habités par ce désir de pouvoir faire toujours plus, malgré le peu de ressources disponibles. Forte de ces nombreuses rencontres et de ces échanges, et vivant dans ces communautés depuis de nombreuses années, c’est avec beaucoup d’émotion que je me suis jointe au comité de rédaction du magazine Psychologie Québec pour vous présenter cet important numéro concernant les réalités des Premières Nations et des Inuits du Québec.

Nous côtoyons les Premières Nations depuis notre arrivée dans ce pays. L’amélioration de notre relation thérapeutique et de nos liens avec celles-ci passe peut-être par un regard ainsi qu’une démarche renouvelés qui seront abordés et explorés tout au long de ce dossier. Les auteurs ayant collaboré à ce numéro permettent en outre de présenter un portrait et une vue d’ensemble des approches thérapeutiques souhaitées, des problématiques spécifiques aux Premières Nations et de la na­ture de notre relation, compte tenu du contexte historique qui perdure encore aujourd’hui.

Une carte des Premières Nations et des communautés inuites du Québec vous est offerte dans l'article de la Dre Judith Morency, psychologue, afin de mieux vous repérer et d’apprécier leur diversité. Les communautés présentent elles-mêmes une grande diversité à l’intérieur d’une même nation et elles parlent souvent un dialecte qui leur est propre. La diaspora autochtone et inuite demeure elle aussi importante dans les grands centres urbains et elle n’apparaît pas toujours dans les recherches publiées concernant les besoins et les res­sources à mettre en place.

Vous trouverez dans ce numéro d’excellentes références à des recherches menées au sujet des Premières Nations du Québec et du Canada. Les données sont encore restreintes et beaucoup de travail attend la relève, mais de plus en plus de scientifiques se montrent intéressés à établir des partenariats avec les communautés et les organismes régionaux qui les représentent.

Vous trouverez enfin, à l’occasion de cette édition, trois textes exclusivement publiés en ligne qui portent sur les Pre­mières Nations et les Inuits du Québec. Le premier article que vous pourrez lire dans la version électronique de ce magazine présente une réflexion sur le travail de psychothérapie au­près des hommes des Premières Nations, tandis que le second décrit comment le rôle de psychologue communautaire peut être celui d’un vecteur de connaissances et ainsi contribuer à lutter contre les inégalités sociales. Le troisième aborde pour sa part la prévention de même que le traitement psychothérapeu­tique auprès d’enfants inuits au Québec.

Vers des approches et des méthodes d’interventions propres aux Premières Nations et aux Inuits

Grâce à l’appréciation réciproque préconisée par tant de com­missions d’enquête, nous pourrons découvrir des méthodes d’intervention traditionnelles propres à diverses nations, des protocoles de résolutions de crises et de conflits différents des nôtres et une science des relations interpersonnelles encodée dans les traditions et les langues autochtones. Il s’agit là d’une science que la transmission basée sur l’oralité oblige tout un chacun à prendre le temps d’écouter, d’observer et d’apprécier avant d’intervenir.

La résilience autochtone prend la forme d’une réappropria­tion de sa santé et de son cheminement. Mon espoir en l’avenir est soutenu par l’incroyable créativité des jeunes des Premières Nations et de leurs représentants artistes, musiciens, slameurs, écrivains, professionnels et leaders politiques. Une des plus belles leçons que j’aurai apprises en les côtoyant est que la guérison se doit d’être collective afin de pouvoir se partager in­dividuellement. Une leçon de survie millénaire qui m’apparaît toujours à propos.

En terminant, je souhaite profiter de l’occasion et de cette tri­bune pour rendre hommage aux psychologues issus de Pre­mières Nations, pour le travail extraordinaire qu’ils réalisent dans l’intégration quotidienne des savoirs et dans la consolida­tion des valeurs autochtones. Je les remercie aussi pour la confiance témoignée lors de nos rencontres. Je souhaite égale­ment exprimer ma reconnaissance envers les aînés, guéris­seurs, aidants naturels, hommes, femmes et enfants qui ont contribué à faire de moi une personne qui honore la Vie et une meilleure psychologue.
 

Bonne lecture !

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EXCLUSIVITÉ WEB | L’homme des Premières Nations et la psychothérapie

Charles Châteauneuf | Psychologue 

Charles Châteauneuf est détenteur d’une maîtrise en psychologie de l’Université Laval. Son champ de pratique a toujours compris deux volets, soit la psychologie communautaire et la psychologie clinique en pratique privée. Il a œuvré à Drummondville, à Montréal et depuis 10 ans à Ekuanitshit, une semaine par mois, tout en maintenant son bureau de pratique privée à Drummondville. En plus de plusieurs ressources d’aide pour les jeunes implantées à Drummondville via le travail de coordination d’une table de concertation des services d’aide à la jeunesse (TCSAJ), M. Châteauneuf a occupé les fonctions d’attaché politique et de conseiller au cabinet du Conseil du trésor, auprès du ministre Michel Clair, alors responsable de l’Année internationale de la jeunesse (1985). M. Châteauneuf a également été élu responsable régional au Bureau de l’Ordre durant un mandat. Il a également occupé des fonctions de syndic adjoint durant quatre ans ainsi que d’inspecteur par la suite sur une courte période.

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mars 2018

Le présent document se veut une réflexion sur le travail de psychothérapie auprès d’hommes des Premières Nations. Il existe plusieurs programmes d’intervention mis en place dans des organismes d’aide aux hommes des Premières Nations qui visent la consommation, la violence ou la criminalité. Ces programmes incluent des séjours de moyenne ou longue durée en institution ou en milieu naturel, dans une démarche de groupe ou individuelle. Aucune étude ne semble cependant avoir approfondi les spécificités du processus clinique en psychothérapie auprès des hommes des Premières Nations. La présente réflexion tente de cerner quelques aspects de cette spécificité.

Plusieurs communautés des Premières Nations reçoivent des services de psychothérapie en regard des diverses problématiques et difficultés vécues par plusieurs de leurs membres. Les hommes représentent cependant ceux de la communauté qui utilisent le moins les services de psychothérapie, alors que l’état de détresse est important chez plusieurs. Les rejoindre et les amener à consulter demeure un immense défi. Le bien-être de l’homme fait partie des améliorations nécessaires au mieux-être de la communauté, d’où la nécessité d’agir auprès de lui. L’homme fait partie du problème comme de la solution et il ne doit aucunement être négligé dans la recherche du mieux-être d’une communauté, alors que les ressources et les activités qui s’adressent à lui sont, au contraire, peu nombreuses.

Depuis 10 ans je me rends, une semaine par mois, dans la communauté innue de Ekuanitshit (Mingan), sur la Côte-Nord, face aux îles de Mingan et à l’île d’Anticosti. Les Innus y sont une communauté d’environ 600 personnes. Le territoire ancestral « Nitassinan » de la nation innue couvre un très vaste territoire, dont la portion québécoise va du Lac-Saint-Jean jusqu’au Labrador et est bordée par le fleuve, incluant l’île d’Anticosti. Sur ce vaste territoire vivent neuf communautés innues totalisant 19 995 personnes, selon des données de 2015. Cette population est plus importante en 2018, en regard du taux de naissance élevé chez les Premières Nations.

Pour connaître et comprendre l’homme autochtone, il est nécessaire de tenir compte de son territoire, de sa culture et de ses traditions. L’homme des Premières Nations a vécu des relations avec l’étranger qui ont laissé des marques de méfiance et des mécanismes de protection. L’homme blanc intervenant dans une communauté autochtone doit faire preuve de respect, d’humilité et d’une contribution réelle qui sera toujours évaluée par la communauté. Le moindre manquement conduit au rejet par la communauté dans un mécanisme essentiel de protection. L’homme blanc a trop souvent déçu, présentant un regard critique et de jugement.

Chez les Premières Nations, l’homme et la femme occupent des places différentes dans l’organisation et le fonctionnement de la communauté. Par ailleurs, chacun est d’importance égale et peut intervenir et faire connaître son opinion, soit par les moyens traditionnels ou via les réseaux sociaux. Chaque communauté est une trame d’individus interreliés par des liens de sang et par une histoire commune amplement partagée. Comme dans toutes les communautés humaines, il y existe également des familles et des individus qui sont en marge et qui vivent surtout reclus, se retrouvant habituellement plus démunis.

L’enfant des Premières Nations est fréquemment élevé par la grand-mère ou même l’arrière-grand-mère, maternelle ou paternelle. Le lien matriarcal y est très important. L’adoption traditionnelle, par laquelle un enfant est élevé par une autre femme du cercle familial élargi, demeure très présente, les parents biologiques conservant par ailleurs un contact épisodique plus ou moins rapproché. Le lien d’attachement est ainsi partagé entre plusieurs personnes et renforce d’autant la filiation de l’enfant à toute sa communauté d’appartenance. La perte d’un membre du cercle familial est ainsi vécue comme la perte d’une partie de soi-même. Le deuil est toujours intense, déchirant, la personne décédée demeurant toujours signifiante et partie de la mémoire collective, souvent évoquée lors de périodes difficiles sur le plan personnel.

Grandissant dans ce contexte, l’homme autochtone est d’une grande sensibilité, très soucieux de son lien avec la communauté et devant préserver son image de force et de fierté, demeurant droit comme un arbre face aux épreuves, n’affichant jamais sa faiblesse ou ses doutes. Dans la tradition, c’est lui qui dirige la famille sur le territoire ancestral, chassant et trappant, protégeant et défendant chacun. Il hésitera à confier ses faiblesses, ses émotions et ses blessures, principalement vis-à-vis de la femme, aux yeux de laquelle il doit paraître fort, solide. L’individu blessé sur le plan intrapsychique a surtout tendance à s’isoler ou à chercher l’évasion dans la consommation de drogues et d’alcool, engendrant une désorganisation comportementale souvent problématique.

Les problématiques, souffrances, désarrois, blessures se vivent ainsi fréquemment dans un tourment intérieur non exprimé, non verbalisé, enfoui sous un bouclier par la tradition du chasseur nomade qui doit souffrir et subir en silence et, surtout, qui ne doit rien laisser paraître de sa fragilité. L’homme autochtone aura plus de facilité à se révéler à un autre homme qu’à la femme, celle-ci occupant dans la tradition d’autres lieux de pouvoir, parallèles aux hommes.

Contrairement aux femmes, qui font plusieurs activités en groupe, l’homme des Premières Nations en vit rarement. Il est surtout individualiste et fier de son autonomie, chacun centré sur son activité individuelle. L’adolescence et le jeune âge adulte sont cependant l’occasion de rencontres de groupe pour la fête, le plaisir et aussi la consommation, souvent problématique. Rejoindre les hommes pour leur offrir des services d’aide ou de psychothérapie devient donc difficile. 

Pour l’homme des Premières Nations, consulter en psychothérapie ne lui est pas naturel, et lorsqu’il s’y résout, c’est dans le besoin de se raconter, de partager, de se sentir accueilli dans ce qu’il vit, sa souffrance, son désarroi, ses remords. Les problématiques vécues concernent souvent, mais pas exclusivement, le deuil, la séparation, la jalousie, la violence, la consommation, les idées et comportements suicidaires. Il ne cherche pas de solutions de la part de celui qui l’accueille et l’écoute, mais, dans le partage, il veut lui-même arriver à cerner ses choix de vie, le chemin qu’il doit suivre. Par ailleurs, pour l’homme des Premières Nations, il est essentiel que la fierté de soi soit préservée, non pas dans l’orgueil, mais dans la fierté d’être membre du cercle familial ainsi que du cercle de la communauté. À l’intérieur du travail clinique, l’homme a aussi besoin de se rappeler ses réalisations concrètes (camp, chasse, pêche) ainsi que ses réussites sociales (famille, emploi, études, engagements).

En tant que clinicien en psychothérapie individuelle auprès de l’homme des Premières Nations, j’utilise l’approche systémique ainsi que l’approche cognitivo-comportementale, en y incluant également des outils de la gestalt, de la programmation neurolinguistique et de l’intégration neuro-émotionnelle par les mouvements oculaires (EMDR), selon les problématiques rencontrées. En complémentarité, une collaboration peut également se faire avec les porteurs de traditions de guérison dans la communauté offrant les rites de purification, les cercles de partage, la tente de sudation, les ressourcements en forêt, etc.

Accompagner l’homme des Premières Nations dans sa quête d’un mieux-être ne peut s’accomplir selon les modèles conventionnels utilisés chez l’homme blanc. Par exemple, l’agenda et l’horaire des rendez-vous sont rarement respectés par la personne, celle-ci pouvant être partie ailleurs ou ne pas se présenter par oubli ou à la suite d’une contrainte quelconque. Il est alors nécessaire de contacter la personne la veille pour lui rappeler son rendez-vous, sinon la journée même et, quelquefois, au début de l’heure prévue, si elle a oublié.

Ainsi, le simple fait de rejoindre l’homme des Premières Nations est ardu, créer le lien de confiance prend du temps, et favoriser l’ouverture à la détresse et aux souffrances demande du respect ainsi qu’une grande et sincère humilité de la part de l’intervenant. Les outils d’intervention se doivent d’être multiples et respectueux des traditions, le temps n’ayant aucune importance, les signes et la symbolique sous toutes leurs formes prenant par ailleurs une place centrale.

Telle est la réalité de l’homme des Premières Nations vis-à-vis de la souffrance et de la détresse, et telle est la complexité du rôle du psychologue comme clinicien auprès des hommes dans une communauté autochtone.

Maison des hommes d’Ekuanitshit

« Un endroit par les hommes et pour les hommes »

Historique

En 2008, j’ai été engagé par le Conseil de bande d’Ekuanitshit (Mingan) pour intervenir comme psychologue dans la communauté avec le mandat d’offrir des services de psychothérapie, en cherchant à rejoindre principalement les hommes, mais aussi d’intervenir comme psychologue communautaire compte tenu de mes années d’expérience dans la mise en place de ressources communautaires. Durant plusieurs années, j’ai effectivement travaillé comme coordonnateur d’une table de concertation des services d’aides à la jeunesse (TCSAJ), à Drummondville, alors que durant cette période étaient mises en place plusieurs ressources communautaires. En parallèle, je poursuivais une pratique privée comme psychologue clinicien.

À la suite de mes séjours à Ekuanitshit, une semaine par mois, j’ai constaté le manque de ressources s’adressant aux hommes et j’ai observé que ceux-ci utilisaient rarement des services d’aide psychologique. Au début de 2009, avec d’autres intervenants du Centre de santé d’Ekuanitshit, nous nous sommes interrogés sur les moyens et les ressources à développer pour rejoindre les hommes de la communauté. Au printemps 2009, nous avons organisé un souper-causerie « entre hommes » en vue de recueillir de l’information sur leurs besoins via des discussions par thèmes. Parmi les suggestions figurait alors le besoin d’un lieu de rencontres et d’activités exclusivement réservé aux hommes. Au début de 2010, dans un questionnaire distribué dans la communauté, une majorité de répondants appuyaient la création d’un « Comité des hommes » ainsi que d’une maison exclusive aux hommes, les femmes ayant, elles, accès à plusieurs services et ressources dans la communauté.

Lors de la fête des Pères en 2010, les hommes de la communauté ont été invités à un déjeuner gratuit destiné à vérifier leur désir de s’impliquer dans un « Comité des hommes » visant l’implantation d’une « Maison des hommes ». Plusieurs hommes ont alors donné leur nom pour s’impliquer bénévolement. En août 2010, une lettre de demande d’appui au projet était acheminée au Conseil de bande, lequel se prononça favorable à la réalisation du projet. En février 2011 était officiellement constitué le Comité des hommes, comprenant neuf hommes, dont quatre formaient un exécutif.

Au printemps 2011, des démarches de recherche de financement ont été amorcées et un montant de 10 000 $ a été recueilli. Une maison mobile usagée a été acquise et déménagée sur un terrain accordé par le Conseil d’Ekuanishit. Les hommes du comité ainsi que d’autres hommes de la communauté ont alors effectué, dans la joie et le plaisir, l’installation de la première ressource exclusive aux hommes, la Maison des hommes. En 2017, une campagne de financement a permis de recueillir 380 000 $ pour une construction neuve accompagnée d’un garage, qui allaient remplacer le vieux bâtiment devenu vétuste.

Fonctionnement du Centre Napeu

Ce qui est remarquable, c’est que pratiquement tous les mêmes hommes impliqués bénévolement depuis le début du Comité des hommes, soit depuis 2010, sont encore présents et continuent à croire au projet et à s’impliquer. De nouveaux membres se sont ajoutés et le comité regroupe aujourd’hui plus de 15 hommes de la communauté qui, tous, croient aux services offerts à l’ensemble des hommes d’Ekuanitshit et œuvrent à leur réalisation.

Tous les membres sont bénévoles et chacun possède une clef d’accès à la Maison des hommes, à présent baptisée Centre Napeu Ekuanitshit. Lorsqu’il y a demande d’accès pour un usage du centre (loisir, sport à la télévision, service, dépannage, etc.), un membre du comité se rend sur place pour y donner accès et offrir le service demandé.

Le Centre Napeu offre également des locaux gratuits, au sous-sol, à un autre organisme, la Maison Kueshipan, offrant dans la communauté des services gratuits comprenant un comptoir alimentaire, une friperie et une popote roulante.

Un grand garage adjacent au centre est aussi disponible pour des travaux de menuiserie, pour la confection de poêles de campement et pour toute autre activité traditionnelle. Des canots et des chaloupes y sont également remisés pour des activités de chasse et de pêche ou pour des camps de ressourcement.

Services offerts

1. Un lieu de rencontre pour les hommes de la communauté, habituellement isolés et peu en contact avec d’autres.

  • Une grande salle communautaire permet aux hommes de la communauté de se rencontrer et de sortir de l’isolement dans lequel plusieurs vivent.
  • La salle commune offre un mobilier permettant des rencontres de plusieurs hommes dans une ambiance conviviale, ainsi que du matériel pour des activités sociales.
  • Un bureau fermé permet des rencontres individuelles et l’accueil d’hommes en situation de crise ou en détresse.

2. Un lieu de refuge lors de crises de couple permet d’offrir un accueil et une écoute.

  • Le bureau fermé permet des rencontres individuelles, et un lit à une place peut servir de dépannage pour un hébergement d’une ou deux nuits, selon l’urgence du besoin.
  • Un membre bénévole du Comité des hommes assure une présence selon les besoins, et il peut utiliser un divan-lit de la salle commune. Une liste de membres bénévoles est constituée et ces derniers peuvent être joints en tout temps.
  • Un intervenant professionnel du Centre de santé est disponible et peut se rendre sur place : infirmier, agent PNLAADA ou psychologue.

3. Un lieu de ressourcement et d’information, où les hommes peuvent être sensibilisés aux différentes réalités les concernant.

  • Des activités de partage permettent aux hommes de communiquer entre eux, d’évacuer leurs frustrations et leurs émotions, de recevoir l’appui et le soutien d’autres hommes.
  • Les hommes ont accès à un ordinateur, à un grand téléviseur, à un lecteur DVD-Blu-ray pour les loisirs, pour le visionnement d’événements sportifs ou pour la diffusion d’informations.
  • Ils ont accès à une documentation disponible dans un présentoir situé dans la salle commune.

4. Un lieu de partage sur les traditions ancestrales.

  • Des activités traditionnelles auront lieu à l’occasion avec des aînés de la communauté, en tentant d’y associer des jeunes dans le partage.
  • Des activités de chants, contes et de légendes pourront s’y dérouler
  • Un shaputuan extérieur est prévu pour les activités extérieures.

5. Un lieu d’activités sociales pour le simple plaisir de se rencontrer.

  • Des activités de loisirs sont disponibles sur place : deux tables de billard, des jeux de fléchettes, des jeux de cartes, une table de ping-pong, etc.
  • Des événements sont régulièrement offerts, tels que des soirées pyjama avec cinéma père-fils, un déjeuner lors de la fête des Pères, des tournois de billard ou de fléchettes avec prix de présence, etc.
  • Des canots et des chaloupes rangés dans le garage sont disponibles pour des activités sur l’île ou sur la rivière Mingan et la rivière Romaine.
  • Selon les besoins exprimés, de l’équipement de loisirs peut être acquis et mis à la disposition des hommes de la communauté.

Bilan actuel

La Maison des hommes d’Ekuanitshit (Centre Napeu) est actuellement dans sa huitième année d’opération. Les périodes d’activité ont varié au fil du temps, comprenant des périodes de plusieurs mois sans activité, entre autres durant la transition entre l’ancien local rendu vétuste et la construction neuve achevée en 2017.

Actuellement, de nouveaux membres se sont ajoutés au Comité des hommes, et deux membres de l’exécutif laissent leur place à d’autres.

Le défi demeure toujours de maintenir le feu sacré chez les membres bénévoles et de soutenir l’implication de chacun lors d’activités.

La mission demeure un droit par les hommes et pour les hommes.  

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Règlement sur les normes d'équivalence de diplôme et de formation aux fins de la délivrance d'un permis de l'Ordre des psychologues du Québec
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Règlement sur l'assurance de la responsabilité professionnelle des membres de l'Ordre des psychologues du Québec
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