Impact de la COVID-19 sur la santé mentale | Littérature scientifique – Mise à jour novembre 2021

Impact de la COVID-19 sur la santé mentale | Littérature scientifique – Mise à jour novembre 2021

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Nous souhaitons mettre à la disposition des psychologues des articles jugés pertinents afin de soutenir les bonnes pratiques dans le domaine de la santé mentale en contexte de pandémie. Des résumés se trouvent ci-après, classés par thèmes. Ils ne visent pas à remplacer la lecture des articles scientifiques, mais à vous permettre de faire une sélection de que vous désirerez consulter. Notre objectif est ici de faciliter le travail des psychologues, souvent surchargés en cette période difficile.

Étude de prévalence

  • Santomauro, D. F., Mantilla Herrera, A. M., Shadid, J., Zheng, P., Ashbaugh, C., Pigott, D. M., Abbafati, C., Adolph, C., Amlag, J. O., Aravkin, A. Y., Bang-Jensen, B. L., Bertolacci, G. J., Bloom, S. S., Castellano, R., Castro, E., Chakrabarti, S., Chattopadhyay, J., Cogen, R. M., Collins, J. K., … Ferrari, A. J. (2021). Global prevalence and burden of depressive and anxiety disorders in 204 countries and territories in 2020 due to the COVID-19 pandemic. The Lancet, S0140673621021437. https://doi.org/10.1016/S0140-6736(21)02143-7

Cette étude est une revue systématique des publications de 2020 sur la COVID-19 (48 études) qui s’intéresse à l’impact de la COVID-19 sur la prévalence des troubles dépressifs et des troubles anxieux par rapport aux niveaux prépandémiques. Les auteurs rapportent plusieurs résultats intéressants; ils estiment notamment que la COVID-19 serait à elle-seule, par rapport aux niveaux prépandémiques, responsable globalement d’environ 53,2 millions de nouveaux cas de troubles dépressifs et de 76,2 millions nouveaux cas de troubles anxieux.

  • Necho, M., Mekonnen, T., Mengesha, B., Gebyaw, B., & Erkihun,T. (2021). Prevalence of anxiety, depression, and psychological distress among the general population during the COVID-19 pandemic: A systematic review and meta-analysis. International Journal of Social Psychiatry,00 (0), 1-15. https://journals.sagepub.com/doi/pdf/10.1177/0020764021100312

Cette étude rapporte la prévalence moyenne de l'anxiété (38,1 %), de la dépression (34,3 %) et de la détresse psychologique (37,5 %) dans la population générale pendant la pandémie de COVID-19. Ces résultats sont plus élevés que ceux rapportés par les professionnels de la santé (23,2 % pour l'anxiété et 22,8 % pour dépression), selon une revue systématique et méta-analyse effectuée par une autre équipe de chercheurs (Pappa et al., 2020).

  • Santabárbara, J., Lasheras, I., Lipnicki, D. M., Bueno-Notivol, J., Pérez-Moreno, M., López-Antón, R., De la Cámara, C., Lobo, A., & Gracia-García, P. (2021). Prevalence of anxiety in the COVID-19 pandemic: An updated meta-analysis of community-based studies. Progress in Neuro-Psychopharmacology and Biological Psychiatry, 109, 110207. https://doi.org/10.1016/j.pnpbp.2020.110207

Cette étude montre une prévalence mondiale de l'anxiété estimée à 25 %, qui varie considérablement selon les différents outils utilisés pour mesurer l'anxiété. Les facteurs de risque comprennent la phase initiale ou le pic de l'épidémie, le sexe féminin, le jeune âge, le mariage, l'isolement social, le chômage et le statut d'étudiant, les difficultés financières, le faible niveau d'éducation, le niveau de connaissance à propos de la COVID-19, le risque épidémiologique ou clinique de la maladie et certaines variables liées au mode de vie et à la personnalité.

  • Phiri, P., Ramakrishnan, R., Rathod, S., Elliot, K., Thayanandan, T., Sandle, N. & al. (2021). An evaluation of the mental health impact of SARS-COV-2 on patients general public and healthcare professionnals: A systematic review and meta-analysis. The Lancet, 34, April 01. https://doi.org/10.1016/j.eclinm.2021.100806

Dans cette méta-analyse, la prévalence des pensées/idéations suicidaires ou de l'automutilation serait plus élevée pour le public (11 % contre 5,8 %) et leur bien-être plus faible (28,2 % contre 52,6 %) comparativement aux professionnels de la santé. Cependant, la variabilité dans les échelles d'évaluation utilisées pour confirmer les symptômes ne permet pas que les résultats soient confirmés unilatéralement. En ce qui concerne les professionnels de la santé, il n’est pas possible de conclure s'il s’agit toujours d’employés de première ligne, et cela pourrait avoir une incidence sur les résultats.

  • Salehi, M., Amanat, M., Mohammadi, M., Salmanian, M., Rezaei, N., Saghazadeh, A., & Garakani, A. (2021). The prevalence of post-traumatic stress disorder related symptoms in Coronavirus outbreaks: A systematic-review and meta-analysis. Journal of Affective Disorders, 282, 527–538. https://doi.org/10.1016/j.jad.2020.12.188

Cette revue systématique et méta-analyse vise à évaluer la prévalence des symptômes liés au TSPT lors d’épidémies récentes de coronavirus (syndrome respiratoire du Moyen-Orient, SRAS et COVID-19). 35 études sont incluses. Selon les auteurs, environ 3 personnes sur 10 ayant contracté un coronavirus ont des symptômes de TSPT. La prévalence des symptômes du TSPT est estimée à environ 9 % dans le cas de la COVID-19.

  • Zhao, Y.-J., Jin, Y., Rao, W.-W., Li, W., Zhao, N., Cheung, T., Ng, C. H., Wang, Y.-Y., Zhang, Q.-E., & Xiang, Y.-T. (2021). The prevalence of psychiatric comorbidities during the SARS and COVID-19 epidemics: a systematic review and meta-analysis of observational studies. Journal of Affective Disorders, 287, 145–157. https://doi.org/10.1016/j.jad.2021.03.016

Cette revue systématique et méta-analyse compare la prévalence des comorbidités psychiatriques dans toutes les sous-populations pendant les épidémies de SRAS et de COVID-19. 82 études (96 100 participants) sont incluses. La prévalence globale est examinée pour des symptômes dépressifs (23,9 %), d'anxiété (23,4 %), de stress (14,2 %), de la détresse psychologique (16 %), de l'insomnie (26,5 %) et de trouble de stress post-traumatique (TSPT, 24,9 %).  La prévalence de la dépression, de l'anxiété et du TSPT est similaire entre les épidémies de SRAS et de COVID-19.

  • Vindegaard, N., & Benros, M. E. (2020). COVID-19 pandemic and mental health consequences: Systematic review of the current evidence. Brain, Behavior, and Immunity, 89, 531–542. https://doi.org/10.1016/j.bbi.2020.05.048

Cette revue systématique porte sur 43 études qui mesurent les symptômes psychiatriques associés à la COVID-19. L’article passe en revue des études portant sur des patients COVID-19, des patients présentant des troubles psychiatriques préexistants, des travailleurs de la santé et le grand public. Une variété de facteurs sont associés à un risque plus élevé de symptômes psychiatriques et/ou à un faible bien-être psychologique, notamment le sexe féminin, une mauvaise santé et des parents atteints de COVID-19.

  • Xiong, J., Lipsitz, O., Nasri, F., Lui, L. M. W., Gill, H., Phan, L., Chen-Li, D., Iacobucci, M., Ho, R., Majeed, A., & McIntyre, R. S. (2020). Impact of COVID-19 pandemic on mental health in the general population: A systematic review. Journal of Affective Disorders, 277, 5564. https://doi.org/10.1016/j.jad.2020.08.001

Cette revue systématique vise à synthétiser la littérature existante qui rend compte des effets de la COVID-19 sur la santé mentale de la population générale et ses facteurs de risque associés. Les auteurs rapportent des taux relativement élevés de symptômes d'anxiété (6,3 % à 50,9 %), de dépression (14,6 % à 48,3 %), de trouble de stress post-traumatique (7 % à 53,8 %), et de détresse psychologique (34,4 % à 38 %). La présence de stress (8,1 % à 81,9 %) est signalée dans la population générale pendant la pandémie de COVID-19 dans plusieurs pays. Les facteurs de risque associés aux mesures de détresse comprennent le sexe féminin, le groupe d'âge plus jeune (≤ 40 ans), la présence de maladies chroniques/psychiatriques, le chômage, le statut d'étudiant et une exposition fréquente aux médias sociaux/actualités concernant COVID-19.

  •  Wu, T., Jia, X., Shi, H., Niu, J., Yin, X., Xie, J., & Wang, X. (2021). Prevalence of mental health problems during the COVID-19 pandemic: A systematic review and meta-analysis. Journal of Affective Disorders, 281, 91–98. https://doi.org/10.1016/j.jad.2020.11.117

L’objectif de la présente méta-analyse est d’évaluer la prévalence de la dépression (31,4 %), de l'anxiété (31,9 %), de la détresse (41,1 %) et de l'insomnie (37,9 %) pendant la pandémie de COVID-19. 66 études (221 970 participants) sont incluses. Les patients atteints de maladies chroniques non infectieuses, les personnes en quarantaine et les patients infectés par la COVID-19 présentent un risque plus élevé de dépression et d'anxiété que les autres populations. La population générale et le personnel non médical présentent un risque de détresse plus faible que les autres populations. Toutefois, les médecins et les infirmières travaillant dans les services cliniques, et le personnel non médical travaillant dans des services non cliniques (p. ex. des techniciens et du personnel de bureau) montrent une prévalence plus élevée d'insomnie que les autres populations.

  • Dong, F., Liu, H., Dai, N., Yang, M., & Liu, J. (2021). A living systematic review of the psychological problems in people suffering from COVID-19. Journal of Affective Disorders, 292, 172–188. https://doi.org/10.1016/j.jad.2021.05.060

Cette revue systématique (44 études) porte sur la prévalence de l'anxiété (16,6 %), de la dépression (37,7 %), du trouble de stress post-traumatique (41,5 %), de l'insomnie (68,3 %), de la somatisation (36,5 %) et de la peur (47,6 %) chez les patients atteints de COVID-19. La prévalence de l'anxiété, de la dépression et de l'insomnie chez les patients COVID-19 sévères (c.-à-d. patients hospitalisés en unité de soins intensifs) est plus élevée que chez les patients COVID-19 légers ou cliniquement stables. La prévalence des problèmes psychologiques est étroitement liée aux caractéristiques individuelles des patients, à leur environnement et au soutien social.

Populations spécifiques

Étudiants universitaires

  • Chang, J.-J., Ji, Y., Li, Y.-H., Pan, H.-F., & Su, P.-Y. (2021). Prevalence of anxiety symptom and depressive symptom among college students during COVID-19 pandemic: A meta-analysis. Journal of Affective Disorders, 292, 242–254. https://doi.org/10.1016/j.jad.2021.05.109

La présente méta-analyse a pour but de déterminer la prévalence des symptômes d'anxiété (31 %) et des symptômes dépressifs (34 %) chez les étudiants du monde entier pendant la pandémie. L'analyse des sous-groupes montre que la prévalence des symptômes d'anxiété et des symptômes dépressifs parmi les étudiants de différents pays est différente, et que la prévalence des symptômes dépressifs combinée des femmes est plus élevée que celle des hommes. Les résultats suggèrent que la prévalence des symptômes d'anxiété et des symptômes dépressifs pendant la pandémie de COVID-19 est relativement élevée par rapport à la situation prépandémique.

Travailleurs de la santé

  • Saragih, I. D., Tonapa, S. I., Saragih, I. S., Advani, S., Batubara, S. O., Suarilah, I., & Lin, C.-J. (2021). Global prevalence of mental health problems among healthcare workers during the Covid-19 pandemic: A systematic review and meta-analysis. International Journal of Nursing Studies, 121, 104002. https://doi.org/10.1016/j.ijnurstu.2021.104002

Un total de 38 études sont identifiées comme rapportant des problèmes de santé mentale chez les travailleurs de la santé pendant la pandémie de COVID-19. Dans cette revue, les travailleurs de la santé sont répartis ainsi:  27,9 % de médecins, 43,7 % d'infirmières et 7 % d'agents de santé paramédicaux. La prévalence combinée des problèmes de santé mentale est de 49 % pour le trouble de stress post-traumatique, 40 % pour l'anxiété, 37 % pour la dépression et 37 % pour la détresse.

  • Muller, A. E., Hafstad, E. V., Himmels, J. P. W., Smedslund, G., Flottorp, S., Stensland, S. Ø., Stroobants, S., Van de Velde, S., & Vist, G. E. (2020). The mental health impact of the covid-19 pandemic on healthcare workers, and interventions to help them: A rapid systematic review. Psychiatry Research, 293, 113441. https://doi.org/10.1016/j.psychres.2020.113441

L’objectif de cette revue systématique (59 études) est d’identifier, d’évaluer et de résumer les recherches sur l'impact sur la santé mentale de la pandémie de COVID-19 sur les travailleurs de la santé. Les travailleurs de la santé signalent un faible intérêt pour l'aide professionnelle, et une plus grande dépendance à l'égard du soutien et des contacts sociaux. L'exposition à la COVID-19 est le corrélat le plus souvent signalé des problèmes de santé mentale, suivi du sexe féminin et des inquiétudes concernant l'infection ou la contamination des autres. Le soutien social est corrélé à moins de problèmes de santé mentale. Les travailleurs de la santé signalent de l'anxiété, de la dépression, des problèmes de sommeil et de la détresse pendant la pandémie de COVID-19.

  • Li, Y., Scherer, N., Felix, L., & Kuper, H. (2021). Prevalence of depression, anxiety and post-traumatic stress disorder in health care workers during the COVID-19 pandemic: A systematic review and meta-analysis. PLOS ONE, 16(3), e0246454. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0246454

La présente revue systématique et méta-analyse (65 études, 97 333 travailleurs de la santé, 21 pays) fournit des estimations de prévalence mises à jour pour la dépression (21,7 %), l'anxiété (22,1 %) et le trouble de stress post-traumatique (21,5 %) (TSPT) chez les travailleurs de la santé pendant la pandémie de COVID-19.

  • Sahebi, A., Nejati-Zarnaqi, B., Moayedi, S., Yousefi, K., Torres, M., & Golitaleb, M. (2021). The prevalence of anxiety and depression among healthcare workers during the COVID-19 pandemic: An umbrella review of meta-analyses. Progress in Neuro-Psychopharmacology and Biological Psychiatry, 107, 110247. https://doi.org/10.1016/j.pnpbp.2021.110247

L'objectif de cette revue générale de méta-analyses (7 études) est de déterminer la prévalence de l'anxiété (24,9 %) et de la dépression (24,8 %) chez les travailleurs de la santé pendant la pandémie de COVID-19. Elle fait plus particulièrement ressortir que la prévalence de l'anxiété et de la dépression est relativement élevée chez les travailleurs de la santé pendant la pandémie de COVID-19.

  • da Silva, F. C. T., & Neto, M. L. R. (2021). Psychiatric symptomatology associated with depression, anxiety, distress, and insomnia in health professionals working in patients affected by COVID-19: A systematic review with meta-analysis. Progress in Neuro-Psychopharmacology and Biological Psychiatry, 104, 110057. https://doi.org/10.1016/j.pnpbp.2020.110057

Une méta-analyse est réalisée auprès des professionnels de la santé pour connaitre les impacts psychiatriques de la pandémie de COVID-19 auprès de cette population. Au total, huit articles sont inclus dans l'étude. Les professionnels de la santé qui luttent contre la COVID-19 sont plus gravement touchés par la dépression, l'anxiété, l'insomnie, et les traumatismes indirects que les autres groupes professionnels. Il ressort également de cela que les professionnels de la santé ont un niveau plus élevé de traumatismes indirects, dans lequel le niveau de stress dépasse la tolérance psychologique et émotionnelle et entraîne indirectement des perturbations psychologiques. La présence de symptômes anxieux est plus élevée dans les situations impliquant des professionnels de première ligne.

Enfants, adolescents et familles

  • Loades, M. E., Chatburn, E., Higson-Sweeney, N., Reynolds, S., Shafran, R., Brigden, A., Linney, C., McManus, M. N., Borwick, C., & Crawley, E. (2020). Rapid Systematic Review: The Impact of Social Isolation and Loneliness on the Mental Health of Children and Adolescents in the Context of COVID-19. Journal of the American Academy of Child & Adolescent Psychiatry, 59(11), 1218-1239.e3. https://doi.org/10.1016/j.jaac.2020.05.009

L’objectif de la présente revue systématique rapide est d'établir les connaissances déjà existantes sur l'impact de la solitude et des mesures de confinement sur la santé mentale des enfants et des adolescents dans le but d’être utilisées en contexte de COVID-19. Certaines études trouvent que la solitude est associée avec l’apparition de problèmes de santé mentale jusqu’à 9 ans plus tard, le lien le plus fort étant avec la dépression. D’autres trouvent que la durée de la solitude est plus fortement corrélée aux symptômes de santé mentale qu'à l'intensité de la solitude.

  • Shorey, S., Lau, L. S. T., Tan, J. X., Ng, E. D., & Ramkumar, A. (2021). Families With Children With Neurodevelopmental Disorders During COVID-19: A Scoping Review. Journal of Pediatric Psychology, jsab029. https://doi.org/10.1093/jpepsy/jsab029

Une revue (29 articles inclus) est menée pour identifier les défis auxquels sont confrontés les parents d’enfants atteints de troubles neurodéveloppementaux pendant la pandémie COVID-19 et pour consolider les interventions et les lignes directrices en matière de parentalité. L’article fournit une liste de conseils pour les parents de famille avec un enfant ayant un trouble neurodéveloppemental. Cette revue révèle un manque d'études et d'articles scientifiques concernant les enfants atteints de troubles neurodéveloppementaux autre que le trouble du spectre de l’autisme et le trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité. Elle met également l'accent sur l'importance des services de télésanté pour offrir du soutien aux parents pendant cette pandémie.

Cet article passe en revue la littérature sur l'exposition des enfants à la violence pendant la pandémie afin de comprendre les modèles émergents et d'évaluer de manière critique les méthodologies pour aider à la conception de futures études. L'examen permet d'identifier 48 documents de travail, rapports techniques et articles de journaux récents sur l'impact de la COVID-19 sur la violence contre les enfants. Cette revue souligne les défis persistants qui affectent la disponibilité et la qualité des données sur la violence perpétrée envers les enfants, notamment l'absence de normes pour mesurer cette question sensible ainsi que la disponibilité limitée des données brutes sur le sujet.

  • Stavridou, A., Stergiopoulou, A., Panagouli, E., Mesiris, G., Thirios, A., Mougiakos, T., Troupis, T., Psaltopoulou, T., Tsolia, M., Sergentanis, T. N., & Tsitsika, A. (2020). Psychosocial consequences of COVID ‐19 in children, adolescents and young adults: A systematic review. Psychiatry and Clinical Neurosciences, 74(11), 615–616. https://doi.org/10.1111/pcn.13134

Cette revue systématique présente les principaux résultats d'un examen de 21 études sur les conséquences psychosociales de la COVID-19 chez les enfants, les adolescents et les jeunes adultes. De façon générale chez ces groupes, l'inquiétude excessive, l'irritabilité, le confinement et la peur de l'infection et de la transmission de la COVID-19 sont associés à des symptômes d'anxiété légers à sévères pendant la pandémie de COVID-19. L'isolement pourrait être pour cette population un facteur de risque pour la détérioration de la santé mentale, notamment les symptômes dépressifs et anxieux, la détresse, la peur, le stress post-traumatique et l'insomnie.

Personnes aînées

  • Iodice, F., Cassano, V., & Rossini, P. M. (2021). Direct and indirect neurological, cognitive, and behavioral effects of COVID-19 on the healthy elderly, mild-cognitive-impairment, and Alzheimer’s disease populations. Neurological Sciences, 42(2), 455–465. https://doi.org/10.1007/s10072-020-04902-8

À la suite de l’infection à la COVID-19, les personnes aînées atteintes de démence pourraient développer une maladie plus grave avec des symptômes plus sévères. En effet, il semble que le taux d'accès aux services d'urgence, d'hospitalisation et de mortalité due à la COVID-19 puisse être plus élevé dans la population atteinte de démence que dans celle des personnes aînées non démentes. Les changements dans les habitudes de vie quotidienne des personnes aînées, dont l’interruption des activités sociales, pourraient avoir un impact encore plus important sur elles par rapport aux personnes plus jeunes. L'impact psychologique du confinement pourrait être encore plus difficile pour les personnes aînées qui ont été hospitalisées pendant cette période, en raison de la séparation d'avec leurs proches, entraînant le désespoir et le sentiment que c'est la fin du monde.

Soutien à la recherche de l’OPQ

Des études ayant fait appel au programme de soutien à la recherche de l’Ordre pour documenter l’impact psychologique de la COVID-19 auprès de la population.

Octobre 2020 : Soutenir la fin de vie et le deuil en contexte pandémique, équipe de Dre Deborah Ummel, Ph.D.

Novembre 2020 : Effets de la pandémie de COVID-19 sur leur pratique professionnelle, équipe de Dr Cary Samuel Kogan Ph.D., Université d’Ottawa

Janvier 2021 : Questionnaire sur les pratiques cliniques pour le traitement des troubles anxieux et sur les impacts de la pandémie, équipe de Dre Pasquale Roberge, Ph.D., Université de Sherbrooke et de Dr Martin D. Provencher, Ph.D., Université Laval

Juillet 2021 : Sondage sur l'utilisation de la thérapie par vidéoconférence pour les intervenants travaillant avec des personnes atteintes de troubles psychotiques pendant la COVID, équipe de Dre Tania Lecomte, Ph.D., Université de Montréal

INSPQ

  • Répercussions de la pandémie sur la vie sociale, la santé mentale, les habitudes de vie et la réalité du travail des Québécois

Québec, I. de la statistique du. (s. d.). Répercussions de la pandémie sur la vie sociale, la santé mentale, les habitudes de vie et la réalité du travail des Québécois. Institut de la Statistique du Québec. Consulté 19 octobre 2021, à l’adresse https://statistique.quebec.ca/fr/document/repercussions-pandemie-sur-vie-sociale-sante-mentale-habitudes-de-vie-et-realite-du-travail-des-quebecois/publication/repercussions-pandemie-sur-vie-sociale-sante-mentale-habitudes-de-vie-et-realite-du-travail-des-quebecois

L’Enquête québécoise sur la santé de la population (EQSP) 2020-2021 a été effectuée auprès de québécois de 15 ans et plus entre novembre et avril 2021. Elle fait ressortir des répercussions de la pandémie de COVID-19 sur cette population, notamment au niveau de la solitude et de la satisfaction à l’égard de la vie sociale, des inquiétudes ressenties pour sa santé ou celle d’un proche ou encore pour la conciliation travail-famille, des habitudes de vie et des sentiments associés à la détresse psychologique. L’EQSP se distingue des sondages effectués en ligne précédemment durant la pandémie par son caractère probabiliste et son taux de participation nettement supérieur.

  • Étude sur la détresse psychologique des travailleurs de la santé atteints de la Covid-19 au Québec durant la deuxième vague pandémique.

Étude sur la détresse psychologique des travailleurs de la santé atteints de la Covid-19 au Québec durant la deuxième vague pandémique. (s. d.). INSPQ. Consulté 19 octobre 2021, à l’adresse https://www.inspq.qc.ca/publications/3135-detresse-psychologique-travailleurs-sante-atteints-covid19

Ce rapport présente les résultats de l’analyse sur la détresse psychologique des travailleurs de la santé atteints (n=5 330) et non atteints (n=1 515) de la COVID-19 et les risques psychosociaux liés au travail qui y sont associés. Compte tenu des taux préoccupants de détresse psychologique élevée et très élevée, tant chez les travailleurs de la santé atteints ou non de la COVID-19, on constate que la détresse psychologique est davantage liée aux risques psychosociaux dans le milieu de travail qu’au fait d’avoir été atteint de la maladie. Des actions de prévention, visant d’abord la réduction de la charge de travail, devraient être priorisées pour l’ensemble des travailleurs de la santé. De plus, il apparait essentiel de miser sur des pratiques favorisant la reconnaissance et le soutien des collègues et des supérieurs, lesquelles constituent des facteurs de protection au regard de la santé mentale au travail.

  • Consultations concernant les effets de la pandémie sur la santé mentale : propositions de santé publique.

Institut National de Santé Publique du Québec (2021, février) Consultations concernant les effets de la pandémie sur la santé mentale : propositions de santé publique.  https://www.inspq.qc.ca/sites/default/files/publications/3109-memoire-consultations-effets-pandemie-sante-mentale-covid19.pdf

Le présent mémoire présente des pistes d’action pour mitiger les impacts négatifs de la pandémie sur la santé mentale. Ces pistes d’action concernent notamment le télétravail et la santé mentale, la santé mentale des aînés, la santé des enfants, des jeunes et des étudiants, les impacts sur la santé des femmes, la pauvreté et l’exclusion, et la mortalité par suicide.

Les auteurs concluent qu’il sera possible de favoriser la santé mentale en contexte de pandémie par l’entremise d’actions qui visent non seulement le soutien aux individus et aux familles, mais aussi par un ensemble d’actions qui contribuent à accroître la résilience communautaire, la cohésion sociale, la sécurité et les connections sociales dans les milieux de vie, sans oublier la réduction des risques de violence/maltraitance et les risques psychosociaux liés au travail.

  • Synthèse des connaissances sur l’impact d’une crise sanitaire ou économique sur les comportements suicidaires.

Institut National de Santé Publique du Québec (2020, 29 octobre) Synthèse des connaissances sur l’impact d’une crise sanitaire ou économique sur les comportements suicidaires. https://www.inspq.qc.ca/sites/default/files/publications/3073-impact-crise-sanitaire-economique-comportements-suicidaires-covid19.pdf

La synthèse suggère notamment que certaines populations sont plus vulnérables au suicide en contexte de pandémie. Les travaux recensés confirment l’importance de maintenir une offre de services spécialisés en psychiatrie et de services spécifiques de santé mentale afin de prévenir une aggravation des symptômes, une augmentation des problèmes psychosociaux et agir sur le risque suicidaire. On reconnaît également l’importance de renforcer les facteurs de protection par des actions de promotion de la santé mentale et du bien-être. Finalement, il importe de réaliser une surveillance soutenue de l’évolution des suicides et de ses facteurs de risque et de protection. Pour plus d'information sur la surveillance des suicides au Québec : https://www.inspq.qc.ca/publications/2642

Résilience

  • Zhang, H., Hook, J. N., Van Tongeren, D. R., Davis, E. B., Aten, J. D., McElroy-Heltzel, S., Davis, D. E., Shannonhouse, L., Hodge, A. S., & Captari, L. E. (2021). Spiritual fortitude: A systematic review of the literature and implications for COVID-19 coping. Spirituality in Clinical Practice. https://doi.org/10.1037/scp0000267

Les événements traumatisants entraînent souvent une perte importante de ressources pour les survivants. Dans ces situations, il est courant que les gens s'appuient sur leur foi religieuse ou spirituelle pour faire face à leur douleur et leur lutte. Un construit qui a reçu une attention accrue dans le domaine de l'adaptation religieuse/spirituelle est la force spirituelle (FS). Dans cette revue (8 études empiriques, 3 455 participants), il est démontré que la FS comporte une série d'avantages positifs pour la santé mentale, notamment un sens plus élevé de la vie, un bien-être spirituel, une adaptation religieuse positive et une croissance post-traumatique perçue.

Impacts du confinement et des mesures de santé publique sur la santé mentale

  • Henssler, J., Stock, F., van Bohemen, J., Walter, H., Heinz, A., & Brandt, L. (2021). Mental health effects of infection containment strategies: quarantine and isolation—a systematic review and meta-analysis. European Archives of Psychiatry and Clinical Neuroscience, 271(2), 223234. https://doi.org/10.1007/s00406-020-01196-x

Il s’agit d’une revue systématique de la littérature et méta-analyse (25 études) évaluant les effets psychologiques chez les personnes en quarantaine (maladie soupçonnée) et isolées (maladie confirmée) par rapport aux personnes non mises en quarantaine et non isolées.  Les personnes isolées ou mises en quarantaine présentent un risque accru de problèmes de santé mentale (troubles dépressifs, troubles anxieux, troubles liés au stress), en particulier après une durée de confinement d'une semaine ou plus.

  • Pourriyahi, H., Saghazadeh, A., & Rezaei, N. (2021). Altered immunoemotional regulatory system in COVID-19: From the origins to opportunities. Journal of Neuroimmunology, 356, 577578. https://doi.org/10.1016/j.jneuroim.2021.577578

La présente revue vise à explorer en détail les effets pathologiques des nouvelles normes sociales sur l'immunité. La solitude et les préoccupations de la pandémie qui s'ensuivent pendant la distanciation sociale, la quarantaine et le confinement sont des facteurs de stress psychosociaux qui affectent négativement le système immunitaire. Les mauvaises habitudes alimentaires, l'inactivité physique, les troubles du sommeil et les conséquences sur la santé mentale de la COVID-19 s'ajoutent aux effets pathologiques de la solitude, faisant de l'immunité contre ce virus un combat encore plus difficile.

  • Prati, G., & Mancini, A. D. (2021). The psychological impact of COVID-19 pandemic lockdowns: a review and meta-analysis of longitudinal studies and natural experiments. Psychological Medicine, 51(2), 201211. https://doi.org/10.1017/S0033291721000015

Cette revue et méta-analyse (25 études dont 13 en Europe, 6 en Asie, 5 en Amérique du Nord et une en Océanie, 72 004 participants) porte sur l’impact des mesures de confinement. D'après les résultats obtenus, l'impact psychologique du confinement de la COVID-19 est de faible ampleur et très hétérogène, ce qui suggère que le confinement n’aurait pas d'effets uniformément néfastes sur la santé mentale et que la plupart des gens sont psychologiquement résilients à leurs effets.

  • Castaldelli-Maia, J. M., Marziali, M. E., Lu, Z., & Martins, S. S. (2021). Investigating the effect of national government physical distancing measures on depression and anxiety during the COVID-19 pandemic through meta-analysis and meta-regression. Psychological Medicine, 51(6), 881893. https://doi.org/10.1017/S0033291721000933

Les auteurs étudient l’effet des mesures suivantes sur les symptômes d’anxiété et de dépression cliniquement significatifs : fermeture des écoles, des lieux de travail ou des transports collectifs, annulation des événements publics et limites aux rassemblements, confinement à la maison, et restrictions aux déplacements. Seule la fermeture des transports collectifs augmente la prévalence de l’anxiété de façon cliniquement significative. Les auteurs soulignent que l’utilisation de données nationales est une limite puisqu’elle ne permet pas de prendre en compte les différences locales ou régionales dans l’impact des mesures mises en place.

  • Lee, Y., Lui, L. M. W., Chen-Li, D., Liao, Y., Mansur, R. B., Brietzke, E., Rosenblat, J. D., Ho, R., Rodrigues, N. B., Lipsitz, O., Nasri, F., Cao, B., Subramaniapillai, M., Gill, H., Lu, C., & McIntyre, R. S. (2021). Government response moderates the mental health impact of COVID-19: A systematic review and meta-analysis of depression outcomes across countries. Journal of Affective Disorders, 290, 364377. https://doi.org/10.1016/j.jad.2021.04.050

Les auteurs étudient l’effet de la réponse gouvernementale sur les symptômes dépressifs cliniquement significatifs en comparant 33 pays. La prévalence des symptômes dépressifs cliniquement significatifs est nettement plus faible dans les pays où les gouvernements ont mis en œuvre des politiques strictes plus rapidement. Les politiques évaluées peuvent être de confinement (p. ex. fermetures d’écoles), économique (p. ex. soutien économique) ou de santé (p. ex. tests pour la COVID-19). Cependant, l’étude n’évalue pas les différences de durée des mesures de confinement entre les pays et la façon dont ces différences peuvent modérer la prévalence de la dépression.

  • Williams, C. Y. K., Townson, A. T., Kapur, M., Ferreira, A. F., Nunn, R., Galante, J., Phillips, V., Gentry, S., & Usher-Smith, J. A. (2021). Interventions to reduce social isolation and loneliness during COVID-19 physical distancing measures: A rapid systematic review. PLOS ONE, 16(2), e0247139. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0247139

Les auteurs cherchent à identifier des interventions efficaces pour réduire l'isolement social et la solitude pendant le contexte de la pandémie.  Les interventions efficaces contre la solitude comprennent des thérapies psychologiques telles que la pleine conscience, des leçons sur l'amitié, des animaux de compagnie robotiques et des logiciels de facilitation sociale. Peu d'interventions ont réduit l'isolement social.

Santé cognitive

  • Hampshire, A., Trender, W., Chamberlain, S. R., Jolly, A. E., Grant, J. E., Patrick, F., Mazibuko, N., Williams, S. C., Barnby, J. M., Hellyer, P., & Mehta, M. A. (2021). Cognitive deficits in people who have recovered from COVID-19. EClinicalMedicine, 0(0). https://doi.org/10.1016/j.eclinm.2021.101044

Les auteurs cherchent à confirmer s'il existe une association entre les données transversales de performance cognitive de 81 337 participants qui, entre janvier et décembre 2020, ont effectué une évaluation dans le cadre du Great British Intelligence Test, et les réponses à un questionnaire d’autodéclaration d’infection à la COVID-19. Les personnes remises de l’infection à la COVID-19, y compris celles qui ne rapportent plus de symptômes, présentent des déficits cognitifs importants par rapport au groupe témoin. Ces résultats concordent avec les rapports de symptômes cognitifs de « Long Covid » qui persistent dans la phase chronique précoce.

  • Davis, H. E., Assaf, G. S., McCorkell, L., Wei, H., Low, R. J., Re’em, Y., Redfield, S., Austin, J. P., & Akrami, A. (2021). Characterizing long COVID in an international cohort: 7 months of symptoms and their impact. EClinicalMedicine, 38. https://doi.org/10.1016/j.eclinm.2021.101019

Un nombre important de patients atteints de COVID-19 présentent des symptômes post-covid, appelés « Long COVID ». Les auteurs ont mené une enquête en ligne sur les symptômes chez des personnes infectées (n=3762, 56 pays, maladie d'une durée de plus de 28 jours et apparue avant juin 2020). Même après plusieurs mois, de nombreux patients ne sont pas encore rétablis (principalement des symptômes systémiques et neurologiques/cognitifs), ne sont pas revenus à leur plein potentiel au travail et continuent de ressentir plusieurs symptômes.

  • Sharifian-Dorche, M., Huot, P., Osherov, M., Wen, D., Saveriano, A., Giacomini, P. S., Antel, J. P., & Mowla, A. (2020). Neurological complications of coronavirus infection; a comparative review and lessons learned during the COVID-19 pandemic. Journal of the Neurological Sciences, 417, 117085. https://doi.org/10.1016/j.jns.2020.117085

Il existe de plus en plus de preuves que des manifestations neurologiques peuvent survenir chez les patients atteints de l’infection à la COVID-19. De même, les autres épidémies de coronavirus (CoV), le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS-CoV-1) et le syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) sont associés à des complications neurologiques. Les plaintes neurologiques les plus courantes auprès des patients affectés par la COVID-19 sont l'anosmie, l'agueusie et les maux de tête.

  • Soltani, S., Tabibzadeh, A., Zakeri, A., Zakeri, A. M., Latifi, T., Shabani, M., Pouremamali, A., Erfani, Y., Pakzad, I., Malekifar, P., Valizadeh, R., Zandi, M., & Pakzad, R. (2021). COVID-19 associated central nervous system manifestations, mental and neurological symptoms: a systematic review and meta-analysis. Reviews in the Neurosciences, 32(3), 351361. https://doi.org/10.1515/revneuro-2020-0108

L'objectif de l'étude est de faire une revue systématique des manifestations du système nerveux central associées à la COVID-19. 14 études sont incluses. Le résultat de l'étude indique que la prévalence combinée du SNC ou des troubles mentaux associés est de 50,68 %. Les symptômes les plus fréquents sont l'hyposmie/anosmie/dysfonctionnement olfactif (nombre d'études : 10) avec 36,2 %. Une seule étude a rapporté un engourdissement/paresthésie (prévalence de 5,8 %) et une dysphonie (prévalence de 2,4 %). La prévalence combinée de la dépression et de l'anxiété était de 3,5 % et de 13,9 %.

  • Manca, R., De Marco, M., Ince, P. G., & Venneri, A. (2021). Heterogeneity in Regional Damage Detected by Neuroimaging and Neuropathological Studies in Older Adults With COVID-19: A Cognitive-Neuroscience Systematic Review to Inform the Long-Term Impact of the Virus on Neurocognitive Trajectories. Frontiers in Aging Neuroscience, 13, 258. https://doi.org/10.3389/fnagi.2021.646908

Cette revue systématique (90 études) vise à résumer la littérature sur la neuroimagerie et les résultats neuropathologiques chez des patients âgés de plus de 60 ans atteints de la COVID-19. Des anomalies (hyperintensifications, hypoperfusion, inflammation et dommages cellulaires) ont été signalées dans la plupart des régions du cerveau. Les études sur les dommages neuronaux liés à la COVID-19 sont riches et diverses, mais limitées à la description de patients hospitalisés avec une issue fatale (c'est-à-dire dans des études neuropathologiques) ou des symptômes graves (c'est-à-dire dans des études de neuroimagerie).

Neuropsychologie clinique

  • Rabinovitz, B., Jaywant, A., & Fridman, C. B. (2020). Neuropsychological functioning in severe acute respiratory disorders caused by the coronavirus: Implications for the current COVID-19 pandemic. The Clinical Neuropsychologist, 34(78), 14531479. https://doi.org/10.1080/13854046.2020.1803408

Le virus SARS-CoV-2 est associé à des séquelles neurologiques, et les soins intensifs donnés à certains patients peuvent également laisser des séquelles neurologiques additionnelles. Plusieurs patients admis aux soins intensifs doivent être intubés, et les personnes qui ont été intubées en raison de la COVID-19 semblent avoir des taux élevés de déficits cognitifs, d’anxiété et de problèmes d’humeur par la suite.

Implications pour la psychiatrie

Anxiété et dépression

  • Milman, E., Lee, S. A., Neimeyer, R. A., Mathis, A. A., & Jobe, M. C. (2020). Modeling pandemic depression and anxiety: The mediational role of core beliefs and meaning making. Journal of Affective Disorders Reports, 2, 100023. https://doi.org/10.1016/j.jadr.2020.100023

Le but de cette recherche est d'examiner l’impact de la pandémie sur les croyances fondamentales et la création de sens en tant que processus cognitifs primaires régulant la santé mentale. Un plan d'enquête (n = 2 380) évalue les variables démographiques associées à une mauvaise santé mentale pendant la pandémie, les facteurs de stress COVID directs (p. ex. décès) et indirects (p. ex. perte d’emploi), la remise en question des croyances fondamentales, le sens donné à la pandémie, l'anxiété liée au coronavirus, la dépression et l'anxiété générale.

  • Mohammadkhanizadeh, A., & Nikbakht, F. (2021). Investigating the potential mechanisms of depression induced-by COVID-19 infection in patients. Journal of Clinical Neuroscience, 91, 283287. https://doi.org/10.1016/j.jocn.2021.07.023

Le but de la présente étude est d'étudier les mécanismes probables de la dépression induite par la COVID-19. La dépression est le trouble le plus courant parmi tous les symptômes neurologiques après une infection à la COVID-19. En évaluant différents facteurs impliqués dans la dépression induite par la COVID-19, les auteurs concluent que la dépression peut être minimisée en contrôlant le stress, en prévenant la tempête de cytokines avec des médicaments anti-inflammatoires appropriés et une bonne nutrition.

Détresse psychologique

  • Wang, Y., Kala, M. P., & Jafar, T. H. (2020). Factors associated with psychological distress during the coronavirus disease 2019 (COVID-19) pandemic on the predominantly general population: A systematic review and meta-analysis. PLOS ONE, 15(12), e0244630. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0244630

Les auteurs cherchent à évaluer les facteurs associés à la détresse psychologique (symptômes d’anxiété ou de dépression autodéclarés) au sein de la population générale pendant la pandémie de COVID-19. 68 études ont été incluses (288 830 participants de 19 pays). Les facteurs associés à un risque d’anxiété plus élevé sont:  le sexe féminin, être âgé de moins de 35 ans, vivre dans une zone rurale et avoir un statut socio-économique inférieur. Ces facteurs (à l'exception du quartier résidentiel) sont également associés à des probabilités de dépression plus élevées. De plus, un risque d'infection COVID-19 plus élevé et une exposition plus longue aux médias sont associés à des risques plus élevés d'anxiété et de dépression.

  • Gibson, B., Schneider, J., Talamonti, D., & Forshaw, M. (2021). The impact of inequality on mental health outcomes during the COVID-19 pandemic: A systematic review. Canadian Psychology/Psychologie Canadienne, 62(1), 101126. https://doi.org/10.1037/cap0000272

L’objectif de la présente étude est d’évaluer l’incidence des facteurs d’inégalité sur les résultats en matière de santé mentale pendant la COVID-19. 117 études (300 061 participants) ont été incluses. Le sexe féminin, le jeune âge, l’insécurité financière, le manque d’accès à des messages/renseignements clairs sur la pandémie, la proximité d’importants sites d’infection, les conditions de santé physique ou psychologique existantes et le fait d’être victime d’abus/stigmatisation en raison de son identité en tant que membre d’un groupe ethnique ou sexuel marginalisé permettent de prédire les inégalités en matière de santé mentale.

  • Cabrera, M. A., Karamsetty, L., & Simpson, S. A. (2020). Coronavirus and Its Implications for Psychiatry: A Rapid Review of the Early Literature. Psychosomatics, 61(6), 607615. https://doi.org/10.1016/j.psym.2020.05.018

Une revue rapide de la littérature est entreprise pour identifier la littérature scientifique sur la psychologie et la psychiatrie en lien avec la COVID-19. Il existe un corpus de preuves qui s'accumule rapidement sur les implications psychiatriques du coronavirus. De même, la pratique en psychiatrie connait une adaptation substantielle à la pandémie (par exemple, utilisation de télépsychiatrie, hospitalisations plus courtes, limites aux visites des patients hospitalisés), mais les études sont souvent de faible qualité ou ne rapportent pas les impacts de ces changements.

Troubles psychotiques

  • Kulaga, S. S., & Miller, C. W. T. (2021). Viral respiratory infections and psychosis: A review of the literature and the implications of COVID-19. Neuroscience & Biobehavioral Reviews, 127, 520530. https://doi.org/10.1016/j.neubiorev.2021.05.008

Cette revue de la littérature traite du lien entre les infections respiratoires virales et la psychose, avec une discussion du modèle inflammatoire de la schizophrénie, des mécanismes pathogéniques et la littérature sur la COVID-19 suggérant des séquelles psychiatriques. L’étude s’intéresse notamment à l’impact d’une infection de la mère pendant les périodes critiques du développement chez le nouveau-né. Les auteurs s’intéressent à l’hypothèse qu’une infection à la COVID-19 lors de tels moments critiques pourrait augmenter le risque de développement ultérieur de troubles psychotiques, mais ils ne rapportent pas de cas spécifiques.

Troubles du sommeil

  • Cox, R. C., & Olatunji, B. O. (2021). Sleep in a pandemic: Implications of COVID-19 for sleep through the lens of the 3P model of insomnia. American Psychologist. Advance online publication. http://dx.doi.org/10.1037/amp0000850

La pandémie peut causer des problèmes d’insomnie chez certaines personnes. Une liste de facteurs spécifiques à la pandémie, identifiés par une revue de la littérature, sont classés comme pouvant prédisposer, précipiter ou perpétuer les problèmes d’insomnie. Une liste de 12 recommandations générales visant à améliorer l’hygiène du sommeil et réduire les chances que l’insomnie devienne un problème chronique est proposée. 

Idéations suicidaires et suicide

Le suicide est un phénomène complexe qui découle généralement de facteurs multiples. Les auteurs invitent à la prudence quant aux déclarations causales trop simplistes. Il faudra du temps pour que des preuves scientifiques concrètes de l’impact de la COVID-19 sur le suicide s’accumulent. Toutefois, les premiers résultats d’études sur la COVID-19 font leur apparition et sont abordés dans le présent document. 

  • Pirkis, J., John, A., Shin, S., DelPozo-Banos, M., Arya, V., Analuisa-Aguilar, P., Appleby, L., Arensman, E., Bantjes, J., Baran, A., Bertolote, J. M., Borges, G., Brečić, P., Caine, E., Castelpietra, G., Chang, S.-S., Colchester, D., Crompton, D., Curkovic, M., … Spittal, M. J. (2021). Suicide trends in the early months of the COVID-19 pandemic: an interrupted time-series analysis of preliminary data from 21 countries. The Lancet Psychiatry, 8(7), 579588. https://doi.org/10.1016/S2215-0366(21)00091-2

Les auteurs ont obtenu des données sur les morts par suicide de 21 pays (pays à revenu élevé/intermédiaire supérieur). Le nombre de suicides observés par rapport au nombre de suicides prédits en fonction des données antérieures ne montre aucune preuve d'une augmentation significative du risque de suicide. Les auteurs mentionnent qu’il faudra tout de même rester vigilants et être prêt à réagir si la situation change au fur et à mesure que les effets à long terme de la pandémie sur la santé mentale se feront sentir.

Troubles liés à une substance et troubles addictifs

Cette revue de la littérature s’intéresse aux effets de la pandémie de COVID-19 sur les personnes qui ont un trouble lié à la consommation d’alcool (TCA). La pandémie a plusieurs effets (p. ex. isolement ou quarantaine, annulation de groupes de soutien, stress lié à la pandémie). Ces effets ont un impact sur la consommation d’alcool (p. ex. augmentation de 477 % des ventes d’alcool aux États-Unis en avril 2020 c. avril 2019), et les résultats montrent que la pandémie exacerbe le TCA chez les personnes plus vulnérables. Les auteurs rapportent d’autres effets, comme une hausse marquée d’hospitalisations en Inde où la mise en place d’un confinement rapide a empêché des individus ayant une consommation importante d’avoir accès à leur dose régulière, créant des symptômes de sevrage importants.

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