L'évaluation des troubles neurocognitifs : l'histoire de Claude
Pour les besoins de ce reportage, nous avons créé le personnage de Claude, un homme de 70 ans qui s’inquiète de ses pertes de mémoire des derniers mois. Accompagné par sa fille Camille, on le suit dans ses démarches pour confirmer ou non un diagnostic de trouble neurocognitif.

J'oublie parfois des noms, et je perds parfois mes objets personnels. Devrais-je m'inquiéter?
En vieillissant, il est tout à fait normal d'oublier certaines choses, d'égarer ses clés, d'être fatigué ou d'avoir besoin de plus d'aide pour gérer des imprévus. Plusieurs signes devraient toutefois nous alerter et nous amener à consulter :
- Changement d’humeur qui persiste
- Perte d’intérêt pour des activités auparavant appréciées
- Adoption de nouveaux comportements étranges ou inquiétants
- Difficultés à bien s’exprimer ou à trouver ses mots
- Incapacité à se souvenir d’une discussion pourtant récente

Qui consulter en premier?
Lorsqu’on suspecte chez soi ou chez un proche un enjeu cognitif, la première étape est de consulter son médecin de famille ou encore une infirmière praticienne spécialisée. Quelques options si vous n'avez pas de médecin de famille :
- Se renseigner auprès d'un CLSC ou d'un CIUSSS
- Voir si des services ambulantoires sont disponibles dans votre région
- Consulter le Guichet d'accès à la première ligne (GAP) pour avoir un rendez-vous avec un professionnel
- Aller dans une clinique mémoire privée ou en neuropsychologie
« Une personne qui vient nous voir avec un trouble cognitif suspecté pas si évident que ça, et qui reste relativement fonctionnelle, on va la référer au neuropsychologue pour avoir un complément d'expertise pour étayer nos diagnostics. »
— Dr Thomas Tannou, gériatre à l’Institut universitaire gériatrique de Montréal (IUGM)
Est-ce normal d'avoir peur de passer une évaluation?
Il est tout à fait normal de ressentir du stress avant une évaluation. On a parfois peur d'aller consulter parce qu'on a peur de perdre certains droits. On peut avoir de perdre notre permis de conduire, par exemple. Il faut savoir que l'objectif des professionnels de la santé est tout d'abord d'aider à préserver l'autonomie de leurs patients le plus longtemps possible.
« En neuropsychologie, on a le luxe du temps. On va prendre le temps de discuter, puis il va y avoir un climat de confiance qui va s'établir avant de commencer à faire des tâches. Puis généralement, quand une personne quitte le bureau du neuropsychologue, ça s'est passé beaucoup mieux que ce qu'elle avait anticipé, puis ça a été moins stressant que prévu. »
— Dre Camille Larson-Dupuis, neuropsychologue à à l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal (IUGM)


Comment se déroule une évaluation de trouble neurocognitif?
Une évaluation en neuropsychologie se déroule sur quelques rencontres. Il y a d'abord une entrevue afin de mieux connaître le cheminement et les difficultés de la personne. Ensuite, il y aura différentes tâches de mémorisation et d'attention à accomplir. Les résultats seront ensuite comparés à ceux d'autres personnes du même âge pour voir si les difficultés rencontrées dépassent le vieillissement normal. Le ou la neuropsychologue pourra ensuite déterminer s'il y a présence ou non d'un trouble neurocognitif, qu'il soit léger ou majeur. Il est possible de faire plusieurs séances en mode virtuel, surtout pour la portion entrevue.
« Une des fausses idées de l'évaluation, c'est que c'est une réussite ou un échec. L'évaluation est plus nuancée, dans le sens où on va vraiment avoir un portrait complet du fonctionnement de la personne qui est devant nous. »
— Dre Bianca Bier, neuropsychologue en pratique privée
J'ai la maladie d'Alzheimer. Est-ce que je peux faire quelque chose?
Il est possible pour des personnes ayant un reçu un diagnostic de trouble neurocognitif, comme la maladie d'Alzheimer par exemple, de développer des stratégies pour stimuler leur mémoire et leur attention, notamment avec l'aide d'un ou d'une neuropsychologue qui fait de l'intervention auprès de cette clientèle.
Adopter un mode de vie sain et actif peut également ralentir la progression de la maladie. « Il est faux de prétendre qu’il n’y a rien à faire une fois le diagnostic posé. Au contraire, des études sérieuses montrent que près de 45 % des troubles neurocognitifs majeurs seraient attribuables à des facteurs de risque qui sont en grande partie reliés à notre style de vie. »
— Dre Brigitte Gilbert, neuropsychologue en pratique privée


Vrai ou faux?
Consulter tôt peut avoir un impact sur l’évolution de la maladie
VRAI
Consulter tôt peut absolument avoir un effet sur la progression de la maladie, parce qu'on peut mettre en place plus rapidement des interventions, que ce soit des médicaments ou des stratégies à appliquer au quotidien pour compenser certaines difficultés.