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À l'aube d'un second mandat

À l'aube d'un second mandat

Dre Christine Grou, psychologue | Présidente de l’Ordre des psychologues du Québec

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juin 2018

C’est avec enthousiasme et confiance que j’entame mon second mandat à la présidence de l’Ordre. Si les premières années m’ont permis d’apprivoiser et de maîtriser le rôle de présidente, de naviguer dans le système professionnel avec aisance et d’afficher clairement les objectifs de l’Ordre dans une planification stratégique, les quatre prochaines années seront tout aussi riches en défis.

Je poursuivrai tout au long de ce second mandat mes efforts afin que le public ait une accessibilité compétente aux services psychologiques. Non seulement l’accès rapide et gratuit aux services est-il un enjeu majeur pour la population, mais la diversité des approches et des pratiques dans l’offre de services m’apparaît essentielle dans tous les milieux. J’entends aussi accroître les liens et multiplier les interactions entre l’Ordre et ses membres au profit de la qualité des services, et promouvoir une approche réflexive, un lieu où clinique, enseignement et recherche s’enrichiront mutuellement.

Le programme gouvernemental d’accès à la psychothérapie
Ce que nous en savons au moment d’écrire ces lignes

L’annonce du ministre de la Santé et des Services sociaux d’offrir un accès élargi à la psychothérapie prend forme. Les travaux pour l’élaboration du programme, son fonctionnement et son déploiement progressif se déroulent actuellement à la vitesse grand V. Le Ministère a mis sur pied différents comités de travail et a invité l’Ordre à y contribuer. Nous suivons de près l’évolution de ce dossier et nous assurons d’être bien au fait des meilleures pratiques en matière de psychothérapie, et ce, pour le mieux-être de la population. Bien que notre pouvoir soit relatif, il demeure important pour l’Ordre de contribuer au maximum aux travaux en cours ; nous considérons cette occasion unique de nous faire entendre sur des questions aussi prioritaires que l’accès équitable à la psychothérapie. À titre d’information, c’est en principe ce mois-ci que doit commencer un projet pilote où on implantera le programme d’accès pour les enfants et les adolescents dépressifs. Ce projet s’échelonnera sur deux mois.

Le gouvernement a rapidement pris la décision d’importer les guides du NICE (National Institute for Health and Care Excellence) pour baliser l’accès à la psychothérapie. Ces guides, qui proposent des soins par étape (step care), ont été produits au Royaume-Uni, où l’exercice de la psychothérapie n’est pas réglementé, alors qu’il l’est au Québec. Cette précision explique l’ampleur du travail, particulièrement au sein du sous-comité clinique, puisqu’il faut s’assurer que la traduction et l’adaptation des guides respectent la législation québécoise et la définition légale et opérationnelle de la psychothérapie. Faut-il rappeler que pour comprendre et élaborer ce qui permet de bien départager la psychothérapie des interventions qui s’y apparentent, il aura fallu plus de trois ans de travaux interordres ? Soulignons par ailleurs que les guides du NICE, bien qu’ils puissent préconiser le recours à certaines approches, servent à la prise de décision des professionnels et des personnes qui les consultent quant au traitement à offrir dans des circonstances cliniques précises. Ces guides ne visent pas à supplanter le jugement des professionnels, mais plutôt à offrir des recommandations qui, jumelées à leur expertise, permettront une prise de décision éclairée tant par eux que par la personne qu’ils suivent.

Il reste encore beaucoup à préciser avant la mise en place du programme et, je le réitère, les décisions ne sont pas les nôtres, mais celles du gouvernement. Nous avons le privilège d’être consultés, ce qui nous confère un certain pouvoir d’influence, qui n’est tout de même pas négligeable, et nous permet d’exercer notre vigilance et d’appuyer le développement d’un programme au bénéfice et non pas au détriment de la population.

Des documents indispensables

Résultat consensuel des travaux interordres, L’exercice de la psychothérapie et des interventions qui s’y apparentent a été officiellement présenté en mai dernier aux Journées annuelles de la santé mentale organisées par le ministère de la Santé et des Services sociaux.

Ce document sera diffusé par différents moyens et divers réseaux à tous ceux auxquels il s’adresse, soit les professionnels et les intervenants, peu importe le milieu dans lequel ils exercent, les gestionnaires et les employeurs, responsables de l’organisation des services, et les ordres professionnels qui doivent s’assurer que leurs membres pratiquent dans le cadre de leur champ d’exercice. Il est d’une importance stratégique dans le contexte de l’implantation d’un programme public de psychothérapie.

Dans ce même contexte, l’Ordre publie à point nommé Pour une pratique éclairée, responsable et rigoureuse de la psychothérapie, un complément à l’Énoncé de politique sur la pratique fondée sur les données probantes en psychologie qu’il avait adopté en 2008 et qui était la traduction d’un texte de l’American Psychological Association (APA).

Inspiré d’un autre document produit par l’APA, publié en 2013, portant sur l’efficacité des psychothérapies, et d’un document plus récent publié par l’INESSS sur l’accès équitable à la psychothérapie, Pour une pratique éclairée, responsable et rigoureuse de la psychothérapie présente la position de l’Ordre en matière de pratique fondée sur les données probantes. Il sera diffusé largement dans les milieux de pratique et auprès de différents groupes d’intérêt pour éviter que soit indûment valorisée une approche au détriment d’autres, sans égard au jugement clinique du professionnel et aux besoins de la personne traitée.

Je vous invite à lire ces deux documents incontournables, disponibles dans le site de l’Ordre.

La 25e édition du congrès de l’Ordre

La programmation complète du congrès 2018 de l'Ordre qui aura lieu en octobre est maintenant disponible sur le site Web de l'Ordre. Je suis impatiente de vous rencontrer à Québec l’automne prochain, autour de ce qui fait de nous, psychologues, les piliers de la santé mentale.

C’est dans cet esprit, et fidèle à la planification stratégique adoptée par le conseil d’administration, que je présiderai l’Ordre au cours des prochaines années, ayant en tête d’abord notre mission de protéger le public, mais aussi l’importance de préserver et de mettre en lumière la spécificité et l’expertise du psychologue en santé mentale.

Bonne lecture

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