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null Victimisation perçue et radicalisation : perspectives psychologiques, évolutives, sociales et cliniques

Victimisation perçue et radicalisation : perspectives psychologiques, évolutives, sociales et cliniques

Dr Martin Drapeau, psychologue
Clinicien et professeur titulaire de psychologie du counseling et de psychiatrie à l’Université McGill, il codirige le Laboratoire de recherche sur les meilleures pratiques en psychologie appliquée.

 

Rob Whitley
Professeur en psychiatrie transculturelle à l’Université McGill et chercheur au Centre de recherche Douglas, il occupe également des positions honorifiques au King’s College London, à l’École de médecine de Dartmouth et à l’Université Howard.

 

Samuel Veissière
Anthropologue cognitiviste, il est professeur de psychiatrie et codirecteur du programme Culture, Mind and Brain à l’Université McGill.

 

 

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sept. 2021

Selon McCauley et Moskalenko (2008), la radicalisation implique un changement dans les croyances, sentiments et comportements qui éventuellement peut justifier un sacrifice personnel pour une cause considérée comme noble ainsi qu’un désir accru pour s’engager dans des conflits intergroupes voire agresser autrui, gestes dès lors considérés comme nécessaires (voir aussi Bott et al., 2009 ; Kruglanski et al., 2014)1. Les chercheurs s’intéressent à ce phénomène depuis quelques années déjà et encore plus récemment, en raison, notamment, des nombreux mouvements sociaux d’envergure qui ont affecté tant l’Amérique que l’Europe.

Ainsi, certains auteurs ont étudié les variables psychologiques associées à l’adhésion à tel ou tel mouvement politique, y compris celles qui se rapportent à la radicalisation idéologique. Dans une série d’études portant surtout sur diverses formes de conservatisme, Zmigrod et al. (2021) ont évalué le lien entre 37 mesures cognitives et 22 mesures de la personnalité, d’une part, et des prises de position conservatrices plus ou moins dogmatiques, d’autre part. Leurs études ont notamment démontré que le conservatisme politique2 est associé à une certaine difficulté à traiter rapidement de l’information stratégique3, à une prudence en situation de prise de décision et à une aversion à l'égard du risque social. Le dogmatisme idéologique, quant à lui, était associé à une tendance à l’impulsivité ainsi qu’à une difficulté à traiter de nouvelles données fournies par l’environnement, ce qui expliquerait entre autres pourquoi les personnes plus dogmatiques tendent à rejeter rapidement de nouvelles informations et ont de la difficulté à ajuster leur point de vue à la lumière de nouvelles données.

Selon une synthèse du National Institute of Justice (2015), la radicalisation et l’extrémisme seraient par ailleurs associés à des conflits d’identité ou à une identité fragile, à un désir d’appartenance, à un sentiment personnel de vide, à des expériences traumatisantes antérieures, à une instabilité émotionnelle, à une vision dichotomique du monde (nous contre eux), et à une tendance aux griefs, pour ne nommer que ceux-ci4 (voir aussi Trip, Bora et al., 2019 ; Trip, Marian et al., 2019 ; Zmigrod et al., 2021). Une étude britannique récente a par ailleurs révélé que la tolérance envers des manifestations violentes, notamment le terrorisme, était plus de quatre fois plus grande chez les personnes souffrant de troubles dépressifs (Bhui et al., 2014, 2020). Selon ces études, les jeunes hommes, en particulier, seraient plus à risque de radicalisation extrême que les jeunes femmes ou les hommes plus âgés (Misiak et al., 2019). Une interprétation sociologique de ces derniers résultats renvoie à des questions plus larges d’intégration sociale. Par exemple, des preuves de plus en plus nombreuses indiquent que les jeunes hommes sont confrontés à des difficultés croissantes pour terminer leurs études et accéder au marché du travail (Affleck et al., 2018 ; Farrell et Gray, 2018 ; Sommers, 2015). Ceci peut laisser de nombreux jeunes hommes dépourvus de sens et de but dans la vie, les menant ainsi à une désaffection et à une aliénation sociale. De tels jeunes hommes peuvent se démener désespérément pour obtenir d’autres sources un soutien mental, social et émotionnel, ce qui peut parfois les conduire vers des communautés radicalisées basées sur l’extrémisme religieux ou l’identité ethnoraciale, auprès desquelles ils peuvent trouver camaraderie, sens à la vie et soutien5,6.

À ceci s’ajoutent d’autres travaux proposant que la radicalisation, tous sexes confondus, soit potentiellement associée à la présence de traits, voire de troubles de la personnalité7. Moss et O’Connor (2020) ont ainsi démontré que les personnes associées à la droite radicalisée, tout comme celles associées à la gauche radicalisée, partagent un certain nombre de traits de personnalité similaires, à savoir des traits psychopathiques, un sentiment que tout leur est dû (entitlement) et, dans une certaine mesure, des traits narcissiques (voir aussi Conway III et al., 2018 ; Furnham et Fenton-O’Creevy, 2018 ; Furnham et al., 2020). La radicalisation, qu’elle soit de droite ou de gauche, serait par ailleurs aussi associée à une perception d’injustice envers soi ou le groupe auquel on appartient (voir, par exemple, Moghaddam, 2005). Ce sentiment d’injustice hypertrophié et une adhésion conséquente à l’idée que le monde se divise nettement entre victimes opprimées et oppresseurs, et ce, souvent selon des considérations dites « raciales » ou « genrées », et que l’on est soi-même ou par identification victime de groupes oppresseurs, semblent d’ailleurs particulièrement prévalents dans l’idéologie radicale dite « woke » que l’on observe sur plusieurs campus universitaires8. Les chercheurs en sciences humaines s’accordent généralement pour décrire ces nouvelles tendances parmi les jeunes universitaires comment étant caractérisées par une nouvelle « culture de la victime » (victimhood culture en anglais ; voir, Campbell et Manning, 2018 ; Lukianoff et Haidt, 2018)9. Cette perception de victimisation est ainsi un facteur clé dans plusieurs dynamiques de polarisation et de radicalisation.

Selon un relevé de la littérature effectué par Gabay et al. (2020), l’identité de victime, tant sur le plan social ou collectif que sur le plan individuel, comprend quatre dimensions. La première dimension, le besoin d’être reconnu, fait référence au désir et au besoin de l’individu que son statut de victime soit reconnu. Dans plusieurs situations, qu’elles soient ou non traumatisantes10, nous espérons, lorsque nous sommes offensés par autrui, que l’on reconnaîtra le mal qui nous a été fait (Urlic et al., 2010) et que le fait d’avoir été victimisé suscitera une certaine empathie et de la compassion de la part de notre entourage (Noor et al., 2012), mais aussi du remords et de la culpabilité chez celui nous ayant offensés (Baumeister et al., 1994 ; 1998). Le problème survient ici lorsqu’il y a absence de proportion entre le désir de compassion et de remords, d’une part, et la gravité de l’offense, d’autre part, si bien que même des offenses minimales peuvent déclencher un désir intense d’être reconnu. La deuxième dimension, l’élitisme moral, renvoie quant à elle à la conviction que l’on possède une morale « pure » ou « immaculée », souvent associée à la perception d’avoir accès à une vérité ultime et à la conviction que nos adversaires postulés sont des êtres amoraux et « pollués » (Haidt et al., 1997 ; Zhong et House, 2014). Cette perception de soi et des autres n’est pas sans lien avec des processus cognitifs telle la pensée dichotomique, des mécanismes de défense tels l’idéalisation et la dévalorisation ou encore le clivage, ce qui fait en sorte que l’on puisse ainsi garder autrui et ses croyances à distance, ou encore le contrôler en se présentant soi-même comme étant vertueux alors que l'autre serait immoral et injuste. D’un point de vue psychopathologique, les mécanismes entraînés par la culture de la victimisation ressemblent souvent au profil clinique de la personnalité état-limite (Paris et Lis, 2013). La troisième dimension, une capacité d’empathie défaillante11, fait référence à l’accent que nous mettons sur notre propre souffrance et notre indifférence vis-à-vis de celle d’autrui12. La dernière dimension, la rumination, implique de porter attention à sa propre détresse et à ses propres malheurs, notamment aux causes et aux conséquences de cette misère, avec une incapacité à envisager des solutions. Cela implique aussi de ruminer à propos des offenses vécues, ce qui est à son tour associé à une plus grande détresse psychologique et à des comportements agressifs.

Dans une série d’études menées auprès d’Israéliens, Gabay et al. (2020) ont démontré que ces quatre dimensions sont des facteurs clés pour comprendre cette propension à se définir comme victime dans un contexte interpersonnel. Ces mêmes auteurs ont aussi démontré que cette tendance à se percevoir comme victime est corrélée avec l’anticipation de dénouements négatifs en situations interpersonnelles ; ceci implique un cercle vicieux impliquant la souffrance et l’identité de victime, d’où l’importance d’interventions portant sur la souffrance, mais aussi en amont. Dans une autre étude, les auteurs ont démontré que la tendance à se définir comme victime dans un contexte interpersonnel est prédictive de la perception que nous avons de divers événements, ceux ayant un score plus élevé sur l’échelle de victime percevant les offenses comme étant plus graves que les participants ayant un score plus bas sur cette même échelle. Leurs travaux ont par ailleurs démontré que cette tendance à se définir comme victime est associée à un style d’attachement anxieux, à une (hyper)sensibilité au rejet, à une (hyper)sensibilité aux injustices qui nous impliquent personnellement, à une motivation accrue à se venger (mais non à éviter ceux nous ayant offensés), à une attente hypertrophiée quant à ce qui nous est dû sur le plan interpersonnel, ainsi qu’à une tendance accrue à expliquer les événements négatifs ou désagréables par la présence de défauts chez autrui13. D’ailleurs, la psychologie du conflit nous enseigne que la victimisation concurrentielle (« competitive victimhood ») est un mécanisme menant à la violence entre groupes, et que les plus grandes violences sont souvent perpétrées par ceux qui perçoivent leur cause comme étant incomprise ou passée sous silence (Young et Sullivan, 2016).

Bien que les résultats de ces études tendent à converger et mettent en lumière certains processus liés à la radicalisation, il nous faut aussi admettre que la radicalisation peut prendre diverses formes et s’articuler autour de thématiques différentes d’une époque à l’autre. Le défi, pour les intervenants, est ainsi de reconnaître ces processus, lesquels sont parfois masqués par des enjeux et des questionnements sociaux tout à fait légitimes à l’origine, mais qui prennent une ampleur telle et sont abordés et défendus de façon si radicale qu’il peut être difficile d’éviter une polarisation. Les psychologues devraient ici être mis à contribution, non seulement pour comprendre ces processus et trouver des façons de rejoindre et de soutenir les personnes radicalisées mais aussi pour développer des programmes en amont qui minimiseraient le risque de radicalisation, ne serait-ce qu’en soutenant le dialogue et la tolérance. Comme l’ont souligné de nombreux psychologues, l’encouragement à la victimisation prédit des conséquences néfastes sur la résilience, l’adaptabilité, la santé mentale et l’empathie de ceux qui adoptent une identité de victime (voir, par exemple, Zitek et al., 2010 ; Lukianoff et Haidt, 2018). Si l’accent actuel sur la culture de la victimisation nuit clairement à la société dans toutes ses dimensions, il est temps de changer nos stratégies et de les orienter vers des pédagogies et des thérapies véritablement pluralistes qui sollicitent une vision positive de l’identité collective et de la richesse du dialogue avec l’autre. À la lumière du risque grandissant de conflits entre populations « majoritaires » et « minoritaires », des stratégies de prévention favorisant le dialogue intergroupe, l’ouverture à la nuance, l’acceptation de l’autre et le pluralisme idéologique doivent être favorisées.
 

Notes

1. La radicalisation n’est ainsi pas étrangère à l’extrémisme, lequel renvoie habituellement aux idéologies et aux méthodes utilisées pour atteindre un but, souvent en faisant la promotion de la supériorité de certains groupes ou croyances et en s’opposant, de ce fait, à certaines valeurs sociales fondamentales ou même à la démocratie ou aux droits de l’homme (Klein et Kruglanski, 2013 ; Trip, Bora et al., 2019).

2. Ceci inclut diverses formes de conservatisme, dont le nationalisme et l’autoritarisme.

3. Ceci renvoie à la mémoire de travail, à la flexibilité cognitive, ainsi qu’à d’autres fonctions cognitives supérieures.

4. À l’inverse, une bonne estime de soi, une pensée nuancée, la possibilité de s’affirmer de façon non violente, l’accès à des services de santé mentale et un sentiment d’appartenance à une communauté sont considérés comme des facteurs protecteurs.

5. Des processus similaires sont présents chez les jeunes hommes s’impliquant dans la « communauté de la séduction » – également connue sous le nom de « pick-up artists ». Il s’agit d’une industrie lucrative, avec des dizaines de milliers de jeunes participants masculins à travers le monde, dont le but est d’améliorer le « succès des hommes avec les femmes ». Cette communauté a fait l’objet de critiques à plusieurs reprises, certains affirmant qu’elle se caractérise par une misogynie extrême et une haine des femmes. Une étude ethnographique a cependant révélé que de nombreux jeunes hommes utilisent la communauté de la séduction comme un service de santé mentale informel (Whitley et Zhou, 2020), et que plusieurs participants s’y joignent en dernier recours, pour tenter de résoudre un éventail de problèmes psychosociaux tels que la maladie mentale, la solitude, l’anxiété sociale, la timidité et une difficulté à accéder à des modèles masculins. Ceci souligne l’importance de fournir des services alternatifs aux hommes.

6. Bien que les chercheurs s’accordent à identifier le jeune âge, le sexe masculin, la perte de statut social, la stigmatisation et l’adversité (réelles ou perçues), les changements rapides de repères culturels et la dépression comme étant d’importants facteurs de risque, les mécanismes précis, vecteurs d’information et facteurs systémiques menant à la polarisation et à la radicalisation demeurent mal compris et débattus (Rousseau et al., 2017 ; Miconi et al., 2020). Alors qu’un nombre croissant de chercheurs identifient la solitude et l’accès à des contenus radicalisés dans Internet comme des facteurs clés (voir Frissen, 2021, pour une revue de la littérature), l’importance des liens tissés dans les relations en face-à-face, souvent dans des activités propices à la construction de la solidarité, est indéniable.

7. Bien que cela soit évident, ceci ne signifie cependant pas que toute personne présentant un trouble de la personnalité ou autre trouble mental, ou ressentant un sentiment fort d’injustice dans diverses situations, est radicalisée.

8. Plusieurs chercheurs en psychologie, sociologie, science politique, philosophie et littérature ont ainsi documenté l’essor, au cours de la dernière décennie, d’idéologies dites « décoloniales » sur les campus nord-américains, tant dans l’enseignement et la pédagogie de nombreux professeurs et programmes d’études que dans les revendications activistes de groupes étudiants (voir, par exemple, Campbell et Manning, 2018 ; Lukianoff et Haidt, 2018 ; Pluckrose et Lindsay, 2020).

9. Malgré les évidentes bonnes intentions du mouvement « décolonial », les nouvelles formes de clivages et de conflits sociaux que celui-ci entraîne s’inscrivent dans des dynamiques de radicalisation qui pourraient devenir des facteurs de risque pour la santé mentale et les relations sociales. À l’ère de nouvelles polarisations entraînées par la politisation de la crise de la COVID-19 et l’essor des guerres culturelles, il serait judicieux de mieux comprendre le rôle potentiel de l’institutionnalisation d’idéologies « décoloniales » à l’université et dans les politiques publiques dans la radicalisation grandissante de certains groupes. Malgré le progrès moral et politique indéniable de nos sociétés de plus en plus inclusives, les données nous invitent à reconnaître que le changement rapide du paysage démographique ainsi que la vision de plus en plus négative du patrimoine culturel euro-américain entraînent de nouvelles formes de conflits, d’anxiété, de stigmatisation et une érosion de l’estime de soi collective qui peuvent contribuer aussi à la radicalisation de l’extrême droite.

10. Comme le soulignent les auteurs, le fait d’avoir été victime d’un événement traumatisant peut affecter la perception que nous avons de ce qui est bien et mal (voir aussi Janoff-Bullman, 2010) ; être reconnu par autrui ou par les autorités comme étant une victime peut donc servir à rétablir notre vision du monde, notamment en nous rassurant sur ce qui est acceptable et juste.

11. Soulignons ici que, selon certaines études, une empathie exacerbée peut parfois être associée à une polarisation politique, voire à une radicalisation (voir, par exemple, Simas et al., 2020).

12. Soulignons ici qu’une définition de soi en tant que victime, lorsqu’il y a défaillance dans les capacités d’empathie, peut être associée à une plus grande justification de comportements agressifs et égoïstes (voir, par exemple, Zitek et al., 2010).

13. Sur le plan anthropologique, un tel biais cognitif vers la perception de victimisation s’inscrit dans la nature fondamentalement sociale et coopératrice de l’Homo sapiens (Veissière et al., 2019). Pour l’anthropologue biologiste Sarah Hrdy (2011), l’évolution de l’intelligence humaine, de l’empathie et de la sociabilité repose sur deux traits clés qui auraient évolué il y a plus de deux millions d’années dans la lignée Homo erectus : la capacité de prendre soin des autres et de comprendre leurs besoins et la capacité de susciter l’attention et les soins des autres. Si la protection des plus faibles (enfants, aînés, malades, etc.) par le groupe est la clé du succès évolutif de l’espèce humaine, c’est aussi cette même perception de victimisation par des tiers, couplée à l’instinct de protection du groupe, qui est à l’origine des plus grandes violences génocidaires de l’histoire humaine (Fiske et Rai, 2014). Les mécanismes d’enculturation qui justifient la haine de l’autre en tant qu’ennemi, souvent narrativement postulé comme « prédateur » ou « vermine », seraient liés à des biais cognitifs très primitifs pour la détection des menaces, des infections et de la pollution (voir, par exemple, Zhong et House, 2014). Pour l’anthropologue Scott Atran (2011), qui a étudié les dimensions culturelles, sociales, cognitives et neurales de la susceptibilité à commettre des actes terroristes, l’instinct de protection de l’endogroupe (in-group) – défini par une communauté d’adhérence à des valeurs sacrées – est le mécanisme déclencheur principal de violences sociales, sans comporter de préalables psychopathologiques. En d’autres termes, n’importe quel humain normalement constitué pourrait se livrer à des actes de violence envers autrui si certaines conditions de polarisation et la perception de victimisation projetées sur la sacralité des croyances de l’endogroupe étaient remplies. Inversement, l’estime de soi collective (group self-esteem) positive, telle qu’elle est vécue par le groupe et perçue par le biais de la valorisation du groupe dans la culture dominante, est un facteur de protection clé contre la radicalisation (Rousseau et al., 2017).
 

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