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L’Ordre s’investit dans la réussite éducative des jeunes Québécois

L’Ordre s’investit dans la réussite éducative des jeunes Québécois

Dre Christine Grou, psychologue | Présidente de l’Ordre des psychologues du Québec

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sept. 2018

Les réalités de la psychologie scolaire en 2018

Saviez-vous qu’entre 2005 et 2015, 8 % des psychologues à l’œuvre dans le milieu scolaire ont plié bagage ? Que le tiers des offres d’emploi publiées dans le site de l’Ordre concerne le milieu scolaire ? Le fait que les psychologues soient des spécialistes du comportement, des apprentissages et de la santé mentale justifie certainement qu’on les recherche avec autant d’ardeur. L’on sait que les problèmes de santé mentale sont la première cause d’hospitalisation chez les jeunes et que les problèmes de comportement sont souvent évitables quand on en comprend la genèse. Mais la mécompréhension du rôle des psychologues, la méconnaissance de la diversité des actes professionnels pertinents à poser, l’absence d’autonomie professionnelle, de lieu de travail fixe, de soutien à la formation, le confinement à des tâches d’évaluation, des mandats mal définis, le nombre d’heures insuffisant dans une même école, tout cela explique sans doute la désertion des psychologues scolaires.

Depuis plusieurs mois, la pénurie de psychologues scolaires fait grand bruit dans les médias, avec raison, et j’ai donné de nombreuses entrevues non seulement pour commenter ses causes, mais aussi pour exprimer tout ce dont on se prive en restreignant le rôle et les fonctions du psychologue auprès des élèves et du personnel. On sait que les troubles d’apprentissage constituent une des plus grandes entraves à la réussite éducative. Le psychologue peut intervenir de multiples façons : soutien, accompagnement, éducation psychologique, prévention et promotion de la santé psychologique, consultation et supervision auprès de l’équipe-école, interventions indirectes, accompagnement de parents, d’enseignants, d’autres professionnels et de la direction, évaluation d’élèves HDAA, évaluation de l’efficacité des interventions liées aux problèmes éducatifs, évaluations des problématiques dans un contexte systémique et des problématiques nécessitant des interventions précoces, etc.

La disparition d’une formation spécifique offerte dans les milieux universitaires et le désintérêt des étudiants envers la psychologie scolaire, la première suscitant possiblement le second, augmentent aussi la pénurie de psychologues dans le milieu scolaire.

La réforme sur la réussite éducative

Au début de 2017, le ministre de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche préparait sa Politique de la réussite éducative. Dans le cadre de la consultation au sujet de cette politique et en réponse à son invitation, je l’ai rencontré en mars 2017, en compagnie d’autres présidents d’ordres, et nous avons alors discuté avec lui de la prévention, du dépistage et des interventions précoces ainsi que de l’accès nettement insuffisant aux ressources professionnelles spécialisées dont les psychologues font largement partie.

À la suite de cette rencontre, j’ai constitué un groupe d’experts pour m’assurer que nous comprenions bien tous les enjeux liés à la réalité de ce chantier. En juin 2017, le ministre a lancé sa Politique de la réussite éducative. L’accueillant favorablement, l’Ordre a néanmoins décidé d’y réagir en produisant un mémoire présentant ses réflexions, ses commentaires ainsi que ses recommandations dans la perspective des actions nécessaires à la mise en œuvre de cette Politique de la réussite éducative. Soumis, dans un premier temps, aux experts que nous avions réunis, le projet de mémoire de l’Ordre a par la suite fait l’objet d’une consultation élargie auprès des psychologues travaillant en milieu scolaire. Notre mémoire a finalement été déposé auprès du ministre le 10 octobre 2017. L’intervention précoce dès 4 ans, des interventions centrées sur les besoins, un accès rapide aux services psychologiques et le rétablissement de la formation initiale des psychologues scolaires ne sont que quelques-uns thèmes développés dans le mémoire de l’Ordre. Mais comme il est impossible de résumer en quelques mots non seulement les recommandations en découlant, mais également l’argumentaire les soutenant, je vous invite fortement à consulter le mémoire dans le site Web de l’Ordre.

En janvier 2018, le ministre de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a présenté sa stratégie concernant les services éducatifs pour les enfants âgés de 0 à 8 ans, d’où est absente, faute de ressources nécessaires, la maternelle 4 ans pour tous, mais à certaines conditions assurant le développement harmonieux de l’enfant, la première des recommandations de l’Ordre.

Nous ne baissons pas les bras, et nos travaux dans ce dossier ne s’arrêtent pas là. D’ailleurs, les présidents des cinq ordres dont les membres interviennent de diverses manières auprès des élèves en vertu d’une activité qui leur est spécifiquement réservée par la loi (psychologues, psychoéducateurs, orthophonistes, conseillers d’orientation et ergothérapeutes) se rencontrent régulièrement pour discuter de dossiers communs et décider d’actions et de démarches concertées. C’est ainsi que nous sommes intervenus au moment de la consultation par le Ministère sur un nouveau modèle de financement lié aux élèves handicapés ou ayant des troubles graves du comportement. Le 30 mai dernier, une lettre conjointe des présidents des cinq ordres de l’éducation était transmise au ministère de l’Éducation, plus précisément au directeur général des services de soutien aux élèves, rappelant notamment l’importance de l’adéquation entre les services et les besoins des élèves.

Il reste beaucoup à faire, mais je vous rassure : l’Ordre continue de s’investir dans la réussite éducative.

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