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Porter la voix des psychologues auprès des décideurs

Porter la voix des psychologues auprès des décideurs

Dre Christine Grou, psychologue | Présidente de l’Ordre des psychologues du Québec

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sept. 2019

Les psychologues sont bien connus du grand public comme étant des experts du comportement humain, des émotions et de la santé mentale. Aux yeux des décideurs, l’Ordre des psychologues du Québec a un rôle important à jouer dans la prévention des problèmes psychologiques et dans la mise en place de politiques touchant à la santé mentale et à l’éducation. Nous avons été sollicités à plusieurs reprises au cours des derniers mois pour intervenir en commission parlementaire, lors de forums organisés par des ministères et dans le cadre de rencontres politiques. L’Ordre s’est donné pour mission de jouer son rôle-conseil et de partager son expertise chaque fois que faire se peut auprès des décideurs. C’est pour moi un grand privilège de pouvoir porter la voix des psychologues sur toutes ces tribunes.

Rencontre avec la ministre de la Santé, Mme Danielle McCann
En présence de Me Édith Lorquet, la directrice des services juridiques de l’Ordre, j’ai rencontré en mai dernier la ministre de la Santé et des Services sociaux, Mme Danielle McCann, accompagnée de son chef de cabinet et de deux attachés politiques. Il était important pour moi de rappeler à la ministre le rôle prépondérant des psychologues en santé mentale, et notamment dans l’évaluation des troubles mentaux. Depuis la mise en place du PL 21, les psychologues ont les pleins pouvoirs pour effectuer un diagnostic psychologique. J’ai fourni à la ministre différents exemples concrets où les évaluations de troubles mentaux engorgent le bureau du médecin, privant ainsi l’accès direct des patients à des services psychologiques ou à des services de santé mentale. Cette manière de faire est coûteuse, laborieuse, occasionne souvent des délais inutiles et, surtout, est préjudiciable pour le patient. Les psychologues sont formés pour évaluer les troubles mentaux : pourquoi ne pas rendre leurs services accessibles afin d’éviter le goulot d’étranglement chez le médecin ? Je vous invite à prendre connaissance de la chronique sur l’évaluation des troubles mentaux dans ce numéro. Nous avons également entretenu la ministre de l’accessibilité universelle à la psychothérapie, des listes d’attente actuelles et du rôle des psychologues. La ministre nous a assuré de son désir d’améliorer la situation des services offerts en santé mentale, et nous lui avons offert la pleine collaboration de l’Ordre des psychologues. 

Forum sur la santé mentale des jeunes
Toujours en mai dernier, la ministre McCann avait organisé un forum sur la santé mentale des jeunes auquel l’Ordre avait été convié. J’ai assisté à des tables rondes où plusieurs témoignages de citoyens ont illustré les failles du système de santé : accessibilité difficile, évaluations plus nombreuses que les traitements, continuum d’offre de services incohérent et services morcelés, surtout quand les problèmes sont multiples, aggravation des symptômes, troubles qui se complexifient et dont les conséquences sont dramatiques.

Participation au forum sur la maltraitance des aînés
Le mois de mai a été bien rempli pour l’Ordre des psychologues alors que nous avons aussi participé au forum sur la maltraitance des aînés organisé par la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Mme Marguerite Blais. Le principal constat du forum a été que malgré les investissements, la situation des aînés demeure préoccupante. Le vieillissement de la population constitue un enjeu de société majeur pour l’avenir, et les actions qui avaient été posées par le passé n’ont pas suffi. Ayant à coeur la situation des personnes âgées depuis de nombreuses années, l’Ordre a demandé une rencontre avec la ministre Blais afin de discuter de la maltraitance psychologique envers les aînés, un sujet important dont on parle encore trop peu. En 2017, nous avions rédigé un mémoire à ce sujet. Il est primordial de comprendre le cerveau vieillissant afin d’intervenir adéquatement pour cette clientèle. En effet, malgré les bonnes intentions des soignants, la maltraitance psychologique découle souvent d’une méconnaissance du fonctionnement cognitif et affectif en matière de vieillissement. Il s’agit ainsi d’une forme de violence bien insidieuse et dangereuse. Lors d'une rencontre avec la ministre, l’Ordre souhaite également traiter de l’incidence des troubles cognitifs et des troubles de comportement et, conséquemment, de la nécessité d’offrir un accès simple et rapide aux services psychologiques tant aux patients qu’aux proches aidants. Cette demande a été accueillie positivement et, au moment d’écrire ces lignes, la date de rencontre devait être fixée incessamment.

Rappelons qu’en 2015, l’Ordre s’était joint aux autres ordres professionnels de la santé pour demander au gouvernement d’agir afin d’élargir l’accès aux centres d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD) et de diversifier les services en CHSLD, y compris les services psychologiques et neuropsychologiques. Les aînés se retrouvent souvent en situation de deuil, d’isolement social, de difficultés relationnelles et comportementales. Nous savons à quel point les psychologues et les neuropsychologues peuvent être utiles à cette clientèle, qui présente souvent des symptômes anxieux, dépressifs et des difficultés sur les plans cognitif, comportemental et neurodégénératif. 

Maternelle 4 ans : l’Ordre présente son mémoire en commission parlementaire
L’Ordre a été invité à la commission parlementaire étudiant le projet de loi sur l’implantation de la maternelle pour les enfants de 4 ans. La position défendue par l'Ordre est que le Québec doit, peu importe le milieu, agir et voir la « maternelle 4 ans » comme un concept visant à répondre adéquatement aux besoins de développement des enfants d’âge préscolaire.

Une rencontre avec le ministre de l’Éducation
En juin dernier, j’ai rencontré le ministre de l’Éducation, M. Jean-François Roberge, en compagnie de représentants des autres ordres professionnels du milieu scolaire. Durant cette rencontre, il a notamment été question de dépistage précoce, des interventions nécessaires qui devraient faire suite au dépistage et de l’accès aux professionnels, qui devrait être beaucoup plus aisé et rapide afin de répondre aux besoins réels des élèves. Le ministre s’est montré à l’écoute des enjeux que nous avons soulevés.

Une rentrée mouvementée 
Ce moment de l’année est toujours bien occupé ! L’Ordre ne fait pas relâche et plusieurs projets seront lancés cet automne. Le comité scientifique du congrès lance dans ce numéro un appel à contributions pour le prochain congrès de l’Ordre qui aura lieu en novembre 2020. Des cahiers spéciaux de formation continue verront bientôt le jour dans le but de mettre à jour les cliniciens à la fine pointe des connaissances et des meilleures pratiques. Les balises sur la supervision verront aussi le jour cet automne. Enfin, plusieurs autres rencontres politiques sont à l’agenda et il me fera plaisir de vous partager le fruit de nos représentations.

Bonne rentrée à tous !

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