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Les interventions visant à développer les fonctions exécutives chez les enfants

Les interventions visant à développer les fonctions exécutives chez les enfants

Dre Fanny-Maude Urfer, psychologue au CIUSSS de l’Est de Montréal et en pratique privée

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nov. 2019

Un psychologue responsable de développer une intervention de groupe auprès d’enfants atteints d’un TDA/H est à la recherche de données probantes dans le but d’orienter son travail. Il souhaite connaître les interventions susceptibles de contribuer au développement des fonctions exécutives chez les jeunes.

Les recherches du psychologue le mènent vers une méta-analyse regroupant une myriade de données démontrant l’efficacité d’interventions comportementales. Ces dernières visent à développer les fonctions exécutives (FE) de différents groupes d’enfants, ce qui retient son attention.

Cette méta-analyse se penche sur des études expérimentales menées auprès d’enfants de 12 ans et moins et considère les résultats de tests neurodéveloppementaux afin de déterminer l’efficacité des interventions. En tout, 90 études impliquant 8925 enfants sont retenues, démontrant ainsi la possibilité de soutenir le développement des FE des enfants.

Les FE concernent une série d’aptitudes cognitives associées à la planification, à l’organisation et à l’exécution d’actions conscientes orientées vers la réalisation d’un objectif, plus spécifiquement en contexte imprévu ou nouveau, lorsque des réactions schématisées, ou automatisées, s’avèrent inappropriées. Les FE jouent un rôle important dans l’autorégulation émotionnelle et cognitive. Elles progressent jusqu’au début de l’âge adulte puisqu’elles sont associées au cortex préfrontal, la dernière des régions cérébrales à se développer (Jurado et Rosselli, 2007; Stuss, 1992). Ainsi, l’enfance constitue une période critique pour le développement de ces aptitudes cognitives fondamentales (Garon, Bryson et Smith, 2008).

Les FE se déclinent en trois catégories d’aptitudes qui en sous-tendent d’autres, de plus haut niveau, telles que la résolution de problème, la créativité et la planification. La première catégorie concerne la mémoire de travail (capacité à garder l’information en tête et à la manipuler), la deuxième concerne l’inhibition (capacité à ignorer un distracteur et à inhiber des réponses automatiques) et la troisième concerne la flexibilité cognitive (capacité à passer de manière flexible d’un état d’esprit à un autre, de règles à d’autres). Les FE prédisent mieux la performance scolaire que l’intelligence, selon une étude de Blair et Razza (2007). D’après une série d’autres études, elles sont étroitement liées au bien-être social et émotionnel (voir Takacs et Kassai, 2019).

Le développement difficile des FE est étroitement lié à certains facteurs de risque issus de l’environnement, tels que le stress, les pratiques parentales problématiques et le statut socioéconomique faible (Blair et al., 2011; Hackman et Farah, 2009). Ceci explique en partie l’hétérogénéité importante entre les enfants au regard de ces aptitudes cognitives fondamentales. De ce fait, plusieurs chercheurs s’intéressent à la possibilité de former les enfants au développement de ces compétences.

La méta-analyse de Takacs et Kassai (2019) constitue la première investigation systématique se soldant par une synthèse quantitative de toutes les interventions comportementales ayant pour but de développer les FE des enfants. Les bénéfices soutenus à long terme ont également été évalués (effets au post-test et à l’évaluation en suivi). L’étude des approches les plus efficaces pour soutenir le développement des FE s’avère d’une grande importance puisque les FE sont essentielles à la préparation au cheminement scolaire, à la réussite scolaire ainsi qu’au développement socioémotionnel.

Les résultats de la méta-analyse démontrent qu’il est possible de développer les FE des enfants grâce à différents entraînements, et ce, dans un contexte de développement typique ou atypique. (1) D’abord, l’entraînement explicite des FE par certains programmes reconnus est associé à des effets significatifs et soutenus dans le temps en ce qui a trait à la mémoire de travail. (2) Ensuite, il apparaît que l’activité physique présente des effets bénéfiques sur le développement des FE, mais dans certains contextes seulement, et les auteurs concluent à la pertinence de réaliser d’autres études en ce sens. (3) Dans cette méta-analyse, les études portant sur le lien entre entraînement musical et développement des FE s’avèrent trop peu nombreuses pour tirer des conclusions et, encore une fois, d’autres études sont nécessaires. (4) Certains programmes enseignant des pratiques de pleine conscience, des techniques de relaxation par « biofeedback » ou d’autres interventions spécifiques démontrent des effets significatifs sur le développement des FE.

En conclusion, Takacs et Kassai (2019) suggèrent de miser sur des activités ludiques et faciles à intégrer à la routine, telles que la pleine conscience, puisque ces dernières semblent avoir un effet similaire aux programmes visant spécifiquement à développer les FE. Les auteurs rappellent que les approches efficaces pour le développement des FE des enfants sont accessibles et peu coûteuses, nécessitent peu de matériel et se prêtent bien à des interventions de groupe.

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