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Des représentations importantes en éducation

Des représentations importantes en éducation

Dre Christine Grou, psychologue | Présidente de l’Ordre des psychologues du Québec

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mars 2019

En septembre dernier, je vous rappelais le chemin parcouru depuis 2017 dans le dossier de la réussite éducative, un sujet de première importance pour l’Ordre. Il convient d’ailleurs de souligner d’entrée de jeu que la résolution de l’Ordre n’est en rien altérée par le récent changement de garde au ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES). 

Convaincu que le psychologue est un acteur clé de la réussite éducative des élèves québécois, l’Ordre avait rencontré le ministre de l’Éducation d’alors, M. Sébastien Proulx, à l’occasion de la consultation qu’il menait sur sa Politique de la réussite éducative. Suivant la publication de cette politique en juin 2017, un groupe d’experts formé au sein de l’Ordre s’est penché sur le document et a produit un mémoire soutenant 14 recommandations phares qui, si elles étaient mises en application, contribueraient à la réussite éducative. Par ailleurs, de concert avec les ordres professionnels de l’éducation, l’Ordre avait aussi participé à la consultation du ministère portant sur le nouveau modèle de financement lié aux élèves handicapés ou ayant des troubles graves du comportement. 

La réussite éducative demeure un dossier prioritaire dans lequel l’Ordre continuera de multiplier les efforts. À ce titre, j’ai rencontré à la fin novembre Mme Sylvie Barcelo, sous-ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, à son cabinet. Elle était accompagnée de la sous-ministre adjointe à l’éducation préscolaire et à l’enseignement primaire et secondaire, du directeur général des services de soutien aux élèves ainsi que de la présidente du Conseil supérieur de l’éducation (CSE), la Dre Maryse Lassonde, neuropsychologue, elle-même accompagnée de deux spécialistes. 

Je le précise en raison de la teneur et de la portée de nos échanges à cette occasion. J’ai d’abord tenu à clarifier ce qui distingue dépistage et évaluation. J’ai rappelé la position de l’Ordre dans le dossier de la maternelle quatre ans, réitéré qu’une bonne observation, par un œil avisé et adéquatement formé afin d’éviter les faux positifs, dans un environnement ludique et sécuritaire, sans précipiter l’enfant dans un contexte scolaire, permet certainement de dépister rapidement ce qui pourrait nuire à son développement et à son cheminement éducatif, et ceci, sans égard au milieu, que ce soit en CPE ou dans les écoles où se situeraient ces maternelles. J’ai insisté sur le fait que le dépistage doit nécessairement être suivi des interventions appropriées, faites dans un délai raisonnable, et qu’il était essentiel pour cela de pouvoir compter sur des professionnels de proximité. La question du modèle catégoriel n’a pas échappé à la discussion, et j’ai souligné à larges traits à quel point il est important qu’il serve les besoins de l’enfant EHDAA et que le diagnostic soit utilisé pour comprendre ses limitations fonctionnelles et déterminer les interventions requises, et non pas à des fins purement administratives. Nous croyons avoir été bien compris et espérons que cette rencontre aura été fructueuse. 

Le 10 décembre dernier, c’est auprès des membres du Conseil supérieur de l’éducation que j’étais invitée, par la Dre Lassonde, à parler de la santé mentale des jeunes, de la maternelle à l’université. J’y ai d’abord présenté quelques données épidémiologiques, statistiques éloquentes plaçant les troubles anxieux, le trouble de déficit de l’attention, les troubles de la conduite et les troubles dépressifs parmi les plus courants des troubles mentaux affectant en tout temps, à l’échelle mondiale, jusqu’à 20 % de cette population. J’ai aussi discuté de l’importance de soutenir adéquatement les élèves EHDAA à risque de développer de tels troubles sans les interventions appropriées.

Et comme vous le savez, le Québec n’échappe pas à cette réalité. J’ai ainsi détaillé pour le bénéfice des membres du Conseil les facteurs de risque inhérents à l’anxiété ou à la dépression, les facteurs de vulnérabilité en général, les facteurs de stress et, surtout, les signaux d’alarme qui laissent supposer un état de détresse psychologique. Heureusement, des pistes de solution existent : outiller les intervenants de première ligne pour qu’ils puissent dépister et intervenir avec discernement, promouvoir la santé mentale, tant au chapitre des valeurs sociétales qu’au chapitre des moyens pour y arriver. La contribution des psychologues en matière de prévention et l’importance d’une accessibilité rapide à leurs services ont été largement préconisées. 

Le psychologue est un spécialiste du développement, des apprentissages, de la régulation et du comportement. Son rôle en éducation est indéniable, que ce soit au sein de l’équipe multidisciplinaire ou comme intervenant, consultant, formateur ou personne ressource, tant auprès des élèves et des parents que de l’équipe-école et de sa direction. C’est avec un grand intérêt que les membres du Conseil ont assisté à la présentation, et les questions et échanges qui s’en sont suivis ont permis de voir l’importance de la santé mentale des élèves, de la maternelle à l’université. 

Le consentement 
Un chantier de travail a été récemment mis en branle à l’Ordre, celui-là portant sur le consentement, particulièrement dans deux contextes : celui de l’expertise psycholégale et celui de la psychologie scolaire. À quel moment un client peut-il retirer le consentement ? Peut-il le faire après que l’évaluation est terminée et en fonction des résultats ? Qu’en est-il dans les cas impliquant un tiers ? Il s’agit là d’un dossier complexe au sujet duquel vous nous avez adressé de nombreuses questions au cours des dernières années. J’ai donc réuni tous les secteurs concernés en raison des aspects éthiques, déontologiques et juridiques soulevés et des contextes multiples dans lesquels ils interviennent. Les directions du développement et de la qualité de la pratique, incluant le secteur de l’inspection professionnelle, le bureau du syndic, le conseil déontologique et les affaires juridiques participent aux travaux et à la mise en commun de leurs compréhensions et expertises. L’objectif poursuivi est de vous transmettre une information juste, claire et pertinente qui, je l’espère, pourra vous aider à résoudre questions et dilemmes en matière de consentement. Nous vous tiendrons informés des avancements de ces travaux.

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