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Une orbite de la terre en mode pandémie

Dre Christine Grou, psychologue | Présidente de l’Ordre des psychologues du Québec

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mars 2021

Au moment où vous lirez ces lignes, nous compterons une année complète de pandémie; une année chargée, éprouvante, mais surtout marquée par l’inconnu et l’imprévisible. Cette crise est venue bouleverser nos vies et nos pratiques à tant d’égards que nous en aurons pour encore très longtemps à l’analyser. Il nous faudra d’abord nous en remettre avant de nous réapproprier nos libertés et surtout, nos contacts et rapprochements qui nous auront bien manqué. Un recul sera aussi nécessaire pour être en mesure de pondérer les impacts psychologiques sur les individus de toutes les générations comme sur notre société.

La pandémie a pris d’assaut notre quotidien et s’est imposée au cœur des priorités de l’Ordre, particulièrement dans le désir de soutenir au mieux nos membres dans ce tsunami. Les communications ont donc été priorisées dès le début de la crise, car les questions et les inquiétudes étaient aussi nombreuses que légitimes. Des repères ont été fournis aux psychologues au fur et à mesure que l’information nous était transmise par le gouvernement ou la Santé publique. Notre expertise a aussi été mise, en priorité, à la disposition du gouvernement et des médias pour prévenir et traiter la détresse psychologique au sein de la population. Je tiens à souligner que tous les moyens dont nous disposons sur le plan des relations gouvernementales et médiatiques ont été investis afin d’aider la population.

S’il y a une chose que la COVID-19 nous a confirmée, c’est l’importance critique de la santé mentale et psychologique au sein de nos communautés. Comme experts, les psychologues ont été sollicités sans relâche, et je suis fière de votre dévouement à soutenir la population et à veiller sur elle.

Collaboration avec le MSSS pour l’achat de services au privé
Dans la foulée des annonces d’investissements en santé mentale, dont 25 millions de dollars qui seront consacrés à l’achat de services au privé afin de réduire les listes d’attente du réseau public de la santé, l’Ordre a répondu à l’ensemble des demandes du ministère de la Santé et des Services sociaux, dont celle de constituer une liste de psychologues disponibles et prêts à contribuer à cette offre de services. Or, bien que nous ayons salué l’inclusion des psychologues dans cette initiative qui vise à pallier de façon urgente l’important problème d’accès aux services psychologiques exacerbé par la crise actuelle, dans toutes nos représentations auprès du MSSS et du cabinet du ministre Carmant, nous avons fait valoir que les psychologues du réseau public ne devraient pas être exclus de l’offre d’achat de services au privé. Plusieurs de nos membres ayant d’ailleurs une pratique hybride, nous déplorons leur exclusion, d’autant qu’ils détiennent une grande expertise avec la clientèle du réseau, expertise dont la population québécoise pourrait grandement bénéficier. Nous avons aussi fait valoir l’importance des facteurs d’attrait et de rétention des psychologues au public, les services du réseau de la santé et ceux offerts en cabinet privé étant tous deux essentiels, complémentaires et permettant de traiter un large éventail de problèmes de santé mentale ou de détresse psychologique.

Je tiens aussi à vous témoigner de toute la fierté que j’éprouve face à la réponse des psychologues, d’autant que je vous sais débordés et abondamment sollicités.

Un tel programme s’accompagne néanmoins de défis, notamment au regard de la collaboration interprofessionnelle et de la transmission d’informations pertinentes auprès des acteurs du réseau de la santé. Il faudra donc veiller à une communication efficiente pour assurer la continuité des services et le bien des personnes qui feront l’objet du programme.

Premier Plan d’action sur la santé mentale étudiante
L’Ordre participait les 26 et 27 janvier derniers aux consultations interdisciplinaires et interordres organisées par le ministère de l’Enseignement supérieur dans le cadre de l’élaboration du tout premier Plan d’action sur la santé mentale étudiante. Parmi les divers enjeux discutés, nous avons souligné le manque criant de psychologues au sein du réseau de l’éducation et les enjeux d’accès à la psychothérapie dans les cégeps et les universités. Nous avons aussi réitéré l’importance des mesures de prévention et de l’instauration d’une culture de santé mentale par l’entremise d’un bon nombre de recommandations. Je remercie sincèrement tous les psychologues œuvrant dans les cégeps et les universités ainsi que les chercheurs dans le domaine de la santé mentale des jeunes adultes qui nous ont fait part de leurs commentaires. La santé mentale des étudiants est une préoccupation grandissante qui soulève de nombreux questionnements. Et pour preuve, il s’agit du thème du dossier de cette édition de Psychologie Québec.

QUELQUES GRANDS DOSSIERS QUI OCCUPERONT L’ORDRE DANS LES PROCHAINS MOIS

Le code de déontologie des psychologues sera revu
Parmi les objectifs du plan stratégique de 2020-2023, la révision du corpus législatif pour relever et faire modifier les lois désuètes a notamment été retenue. Le code de déontologie, un des règlements les plus importants pour la profession, sera donc réétudié et mis à jour dans les prochains mois. Cette refonte permettra de pallier certaines lacunes qui ont émergé avec l’évolution de certains aspects de la profession, notamment la réalité du télétravail et de la télépratique. Le règlement sur la tenue de dossiers fera aussi l’objet d’une mise à jour.

Les Cahiers du savoir : un succès!
Vous êtes nombreux à avoir accueilli avec beaucoup d’enthousiasme la première parution des Cahiers du savoir. Nous sommes très heureux d’avoir pu vous offrir cet ouvrage visant à bonifier et à mettre à jour vos connaissances sur une problématique ciblée, cette fois les troubles dépressifs. Les psychologues du Québec ont la chance de pouvoir compter sur une myriade d’experts motivés à enrichir nos pratiques par le biais de la transmission de leurs savoirs. Nous souhaitons ainsi que les Cahiers du savoir puissent devenir un canal, une référence utile dans le partage de connaissances. La production du second numéro, qui portera sur les troubles anxieux, est amorcée, et sa sortie est prévue pour l’automne.

Projet pilote de conseiller à la recherche
Je souhaitais depuis quelques années ajouter à la permanence de l’Ordre une ressource qui serait consacrée à la recherche afin de bonifier la réalisation de notre mission. Un projet pilote a finalement vu le jour et un psychologue s’est joint à nous en septembre dernier. Greffé à l’équipe des communications, ce conseiller à la recherche a comme mandat de préparer et rédiger des contenus informatifs, notamment en lien avec le volet relations publiques et médiatiques, mais aussi le volet éducation psychologique pour le grand public. Ce projet vise en outre à soutenir le développement des pratiques en colligeant, par exemple, des données terrain. Il est primordial que je puisse avoir accès à des informations qui soient le reflet juste de vos pratiques. Une ressource affectée à ce créneau était plus que nécessaire, surtout considérant le contexte récent où l’Ordre est sollicité plus que jamais par les médias et les instances gouvernementales.

Le congrès repoussé à 2022, des Rendez-vous de la formation en 2021
En ces temps encore bien incertains, difficile de planifier et d’organiser un événement pouvant accueillir des centaines de participants, un banquet et un salon d’exposants. Après analyse et réflexions, l’Ordre a décidé d’opter pour la prudence pour 2021 en offrant de nouveau une édition virtuelle des Rendez-vous de la formation, qui ont connu un franc succès en novembre dernier. Le congrès à grand déploiement est quant à lui reporté à 2022.

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