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null Pandémie : s’adapter et évoluer

Pandémie : s’adapter et évoluer

Dre Christine Grou, psychologue | Présidente de l’Ordre des psychologues du Québec

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oct. 2020

Je ne vous apprendrai rien en affirmant que 2020 a sollicité nos capacités d’adaptation et exigé que nous fassions preuve de beaucoup de résilience, et ce, tant sur le plan personnel que sur le plan professionnel. En mars dernier, nombre de psychologues, à l’instar de bien des gens, se sont retrouvés dans une situation de perte de contrôle : comment continuer sa prestation de services tout en se protégeant et en respectant les consignes de la santé publique ? Comment offrir ses services en vivant soi-même un stress important et des adaptations constantes ? Comment transposer sa pratique sur une plateforme électronique en préservant la qualité de l’alliance thérapeutique ? Comment freiner la baisse de clientèle, ou l’augmentation fulgurante de la demande, selon le contexte ? Bien que la pandémie n’ait pas encore battu en retraite, la plupart d’entre nous avons retrouvé une nouvelle forme d’équilibre professionnel. Je salue le travail et l’engagement particuliers de ceux qui ont pris soin des travailleurs de la santé, notamment, ainsi que de toutes les clientèles vulnérables au pire de la crise.

La question des services prioritaires

À l’Ordre des psychologues, nous avons concentré nos énergies afin de soutenir nos membres et le grand public en communiquant rapidement les plus récents développements, les informations pertinentes et des réponses à de nombreuses questions au sujet de la pandémie. Nous avons produit un grand nombre de capsules d’information, d’outils et de ressources et les avons diffusés en continu sur deux sections de notre site Web créées spécifiquement pour la pandémie, l’une à l’intention des psychologues et l’autre renseignant le public. Deux formations continues en ligne, données par le Dr Stéphane Bouchard et par la Dre Pascale Brillon, que je tiens à remercier à nouveau, ont aussi été produites et diffusées. Ces formations ont été appréciées par des milliers de membres.

Nos efforts ont été guidés par trois priorités, soit de soutenir les psychologues dans leur pratique, de répondre aux besoins d’information et d’éducation psychologiques de la population, entre autres par l’entremise d’une présence médiatique accrue, et d’assurer un apport de l’expertise en psychologie dans deux ministères très sollicités, celui de la Santé et des Services sociaux (MSSS) et celui de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES).

La pandémie s’étant calmée durant l’été, nous avons pu poursuivre certains travaux et contribuer ainsi à une meilleure préparation en vue de la deuxième vague annoncée. Nous n’en connaissons pas la forme, l’intensité ni la durée, mais nous pouvons croire que les psychologues et l’ensemble des acteurs de la société seront mieux outillés pour y faire face. En effet, notre collaboration au sein du groupe d’experts formé pour conseiller le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a porté ses fruits. Ce groupe a notamment mené le ministre à renoncer à l’étape des évaluations, qui forçait les professionnels à consacrer de trop nombreuses semaines, voire des mois, à effectuer des démarches administratives. Les psychologues, orthophonistes, orthopédagogues, psychoéducateurs, ergothérapeutes et conseillers en orientation ainsi que les enseignants et les membres du personnel scolaire devraient pouvoir enfin, cette année, investir leur énergie dans des services et des interventions directes pour les élèves, particulièrement les plus vulnérables (EHDAA), ainsi que dans le soutien aux enseignants et à la direction.

Nous avons également sensibilisé le MSSS aux impacts sur les patients de la réaffectation de certains psychologues à d’autres tâches dans le réseau de la santé et exposé les risques de laisser leurs clientèles privées de leurs services pourtant essentiels, de même que les conséquences de les voir remplacés temporairement par d’autres professionnels venus prêter main-forte au réseau public.

Nouveauté : site d’information destiné aux préposés aux bénéficiaires et aux proches aidants

Je suis fière de vous informer qu’un nouveau projet prend forme cet automne à l’Ordre : celui d’une plateforme Web qui offrira une foule d’informations éclairantes et utiles à tous ceux et à toutes celles qui côtoient des personnes touchées par des problèmes reliés au vieillissement ou à une forme de trouble neurodégénératif.

Dans un contexte où le Québec a entrepris de former des milliers de nouveaux préposés aux bénéficiaires, et où d’innombrables familles ou aidants naturels vivent de près ou de loin avec un proche atteint de troubles neurocognitifs ou d’autres troubles de santé mentale liés au vieillissement, il nous est apparu opportun de produire et de diffuser du contenu qui pourra contribuer à l’éducation psychologique de ces personnes en particulier.

Les informations, dont les thèmes seront axés sur la santé mentale et les symptômes comportementaux associés aux troubles neurocognitifs, seront présentées sous différentes formes. Les visiteurs pourront trouver des informations rapidement et précisément en fonction de leur situation. Des capsules vidéo, des textes informatifs et un balado mettront notamment de l’avant l’expertise de psychologues et de neuropsychologues. La plateforme montrera l’importance de mieux comprendre ce qui se passe dans le cerveau d’une personne traitée, de développer une relation plus harmonieuse avec elle et d’effectuer des interventions plus appropriées, éléments essentiels de la bientraitance.

Les Cahiers du savoir

L’un des objectifs qui me tiennent à cœur est de soutenir davantage nos membres dans leur développement professionnel. Pour ce faire, l’Ordre lancera cet automne les nouveaux Cahiers du savoir. Chaque édition annuelle rassemblera des textes faisant une synthèse de l’état des connaissances sur un sujet particulier; au fil des ans, nous couvrirons ainsi différents domaines de la psychologie.

Je ressens une grande satisfaction à voir ce projet se concrétiser avec un tout premier volume portant sur le trouble dépressif. Une dizaine d’auteurs qualifiés y signent des textes portant sur des paradigmes variés et abordant les différents angles du trouble dépressif. La lecture des Cahiers du savoir sera reconnue comme activité de formation continue et pourra être inscrite au portail dans la catégorie lecture (10 heures créditées).

Des Rendez-vous de la formation entièrement virtuels

Faute de pouvoir tenir son grand congrès qui est reporté d’une année, l’Ordre vous convie aux Rendez-vous de la formation, dont vous découvrirez la programmation dans les pages de ce magazine. Pendant deux jours, les 13 et 14 novembre prochains, vous aurez l’occasion de parfaire vos connaissances, et ce, pour la première fois – contexte oblige – de manière entièrement virtuelle. 

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