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Politique de soutien à la recherche de l’Ordre : état de situation sur l’intervention neuropsychologique au Québec

Ordre des psychologues du Québec


En 2024, la Dre Caroline Cellard et le Dr Simon Beaulieu-Bonneau, psychologues, neuropsychologues et professeurs à l’École de psychologie de l’Université Laval, ainsi que leur équipe1, ont diffusé un sondage s’adressant aux neuropsychologues québécois. Ce sondage visait à mieux comprendre les pratiques actuelles, les besoins des neuropsychologues et les conditions nécessaires à l’implantation de l’intervention neuropsychologique. Cette initiative a bénéficié de la Politique de soutien à la recherche de l’Ordre des psychologues du Québec2.

Au terme du sondage, un rapport a été rédigé et rendu public en 2026. Ce rapport offre un portrait de la pratique de l’intervention neuropsychologique au Québec, en s’attardant particulièrement sur la remédiation cognitive ainsi que sur les facilitateurs et les obstacles perçus à son intégration dans la pratique clinique.

Basés sur les données collectées auprès de 90 neuropsychologues québécois, les résultats révèlent un intérêt marqué pour la remédiation cognitive, avec près de 75 % des répondants ayant indiqué qu’ils aimeraient l’intégrer davantage à leur pratique. Toutefois, ce type d’intervention occupe une place relativement limitée dans leurs activités professionnelles. En effet, la grande majorité des participants rapportent y consacrer moins de 25 % de leur temps de travail, les activités d’évaluation occupant une place plus prépondérante dans les activités professionnelles des neuropsychologues. Ce manque de temps envers la pratique de la remédiation cognitive est l’un des principaux obstacles identifiés par les neuropsychologues québécois. Parmi les autres obstacles identifiés figurent le manque de formation, l’accès limité à des outils et à des ressources, ainsi qu’une reconnaissance insuffisante de la remédiation cognitive au sein des organisations. Son intégration dans les milieux cliniques semble également être freinée par une définition parfois ambiguë et par l’absence de balises claires dans les mandats de travail, suscitant ainsi une incertitude quant aux professionnels pouvant offrir ce type d’intervention et les conditions de pratique.

Malgré ces obstacles, plusieurs facilitateurs à l’implantation de la remédiation cognitive ont été identifiés, dont certains font écho aux obstacles rencontrés. À cet égard, soulignons notamment le fait de disposer de suffisamment de temps pouvant être dédié à l’intervention ainsi qu’une offre de formation élargie concernant la remédiation cognitive afin de favoriser le sentiment de compétence des cliniciens. La perception de son efficacité par les neuropsychologues de même que les demandes provenant de la clientèle constituent également des leviers importants. En effet, l’intérêt de la clientèle à bénéficier d’une telle intervention pourrait représenter un incitatif important à l’offre de remédiation cognitive par les neuropsychologues.

En somme, les résultats du sondage soulèvent des obstacles organisationnels et systémiques à l’implantation de la remédiation cognitive dans la pratique des neuropsychologues québécois, obstacles dont les répercussions pourraient être atténuées par la mise en place de solutions concrètes. À cet effet, une meilleure sensibilisation auprès des décideurs, une offre de formation accrue et un meilleur soutien institutionnel apparaissent essentiels pour favoriser l’implantation de la remédiation cognitive et améliorer l’accès à une telle intervention pour les personnes présentant des difficultés cognitives.

Notes

  1. L’équipe de ce projet compte également la Dre Ariane Giguère-Rancourt, psychologue et neuropsychologue, Lauriane Blanchette, étudiante au doctorat en psychologie, la Dre Caroline East-Richard, psychologue et neuropsychologue, et Alexandra Ribon-Demars, professionnelle de recherche.
     
  2. Pour en savoir plus : Politique de soutien à la recherche de l’Ordre.